SANOFI MEDAILLE D’OR DE LA VORACITE PATRONALE

SANOFI MEDAILLE D’OR DE LA VORACITE PATRONALE

Plusieurs centaines de salariés de Sanofi ont manifesté devant le sigèe du groupe à l’occasion de l’Assemblée générale des actionnaires du groupe

Sanofi, géant de l’industrie pharmaceutique, a décidé « d’arrêter certains projets de recherche en oncologie » et annoncé un nouveau plan de licenciement et suppressions d’emplois. Le groupe prévoit notamment la suppression de 1200 postes dans le monde, dont 330 en France dans la recherche et le développement, principalement sur le site de Vitry-sur-Seine, mais aussi à Montpellier et Gentilly.

Il s’agit du quatrième plan de suppression d’emploi dans la R&D du groupe – major du CAC 40 en termes de valorisation boursière – en dix ans, après celui de 2014, 2019 et 2021. Soulignons d’emblée que ces annonces ne prennent pas en compte « la totalité des plans de départs volontaires non remplacés, comme celui de Sanofi, qui depuis 2022 a déjà supprimé 800 postes » dans le cadre de sa Gestion des Emplois et des Parcours Professionnels, une méthode légale particulièrement sournoise et déloyale.

Sanofi, dont la direction navigue à vue avec pour seul objectif le profit immédiat, multiplie les grandes manœuvres.  Selon l’agence d’informations financières Bloomberg, Sanofi a récemment contacté des banques « pour l’accompagner dans la scission de ses activités de santé grand public » qui commercialise des médicaments disponibles sans ordonnance (Doliprane, Mucosolvan, Phytoxil etc.). Avec, à la clé et selon le média, une des plus grosses transactions en Europe cette année, avec un montant de quelque 20 milliards d’euros.

En février dernier, l’agence Bloomberg avait révélé l’appétit de plusieurs grands fonds d’investissement privé, dont Advent International, Blackstone, Bain Capital, CVC Capital Partners, EQT AB et KKR, qui ont manifesté leur intérêt pour le rachat de l’entité Santé Grand Public de Sanofi.

Résumons : un groupe abreuvé d’argent public, d’une importance stratégique majeure (et dont les dirigeants ne paieront jamais le fiasco du vaccin anti Covid généré par leurs propres décisions), continue de casser, et les salariés, et les outils technologiques. Cerise sur le gâteau, ils dépècent, sous l’œil amorphe sinon bienveillant voire complice du gouvernement, leur propre groupe, licencient, engrangent les profits au seul bénéfice des actionnaires.

Une chose est certaine : Sanofi, ses dirigeants et ses actionnaires ne sont rien sans l’argent du contribuable et les aides publiques distribuées sans contreparties ou le moindre contrôle. Pour les salariés, la décision du groupe s’apparente à une nouvelle violence inacceptable contre celles et ceux qui créent, seuls, les richesses d’un groupe construit artificiellement, puis revendu une bouchée de pain, par l’Etat au prix de la destruction/restructuration de pans industriels entiers du pays.  

LA CGT vent debout contre le plan de suppression d’emploi

Dans un communiqué, la CGT Sanofi a estimé, « à terme, entre 2024 et 2026, ce sont jusqu’à 3000 postes qui seraient sortis de Sanofi, soit par destruction, soit par vente ou externalisation ! »

« Comment croire Sanofi  sur sa volonté d’être une entreprise « au service de la santé » quand elle est prête à brader les médicaments matures au plus offrant au lieu d’en assurer la pérennité et l’extension des AMM sur de nouvelles maladies par de la recherche élargie », poursuit encore la CGT qui dénonce un groupe, « Sanofi, [qui] veut jouer le rôle de « pure player » en biologie, mais le fait en faisant reposer le risque sur les patients et les salariés. Sanofi ne joue à aucun moment le jeu d’une entreprise au service de l’humanité, mais bien d’une entreprise au service de ses actionnaires. »

La CGT a fait savoir son opposition totale aux décisions du groupe et autres « orientations destructrices ». Des premières initiatives ont déjà eu lieu, à l’appel de la CGT, notamment à Vitry où un premier rassemblement a été organisé pour dénoncer la suppression ou l’externalisation de 3 000 emplois sur 17 000, pour un groupe qui a réalisé 43 milliards d’euros de chiffres d’affaires en 2023 et reversé 4,4 milliards d’euros de dividendes à ses actionnaires. 

La destruction, des emplois et des outils, en cours à Sanofi n’est pas un phénomène isolé. Dans un communiqué, la Fédération nationale des industries chimiques – CGT, a sonné l’alarme : « d’ici à fin 2026, les laboratoires pharmaceutiques s’apprêtent à supprimer plus de 1 600 postes en France. »

« Cette vague de départs s’accompagne également d’un désengagement dans certaines activités clés comme la distribution ou les médicaments sans ordonnance pour Sanofi, ou les médicaments génériques comme le géant mondial des génériques BIOGARAN. GSK, qui fabrique pour ce dernier dans son usine de Mayenne la pénicilline, voit cette activité menacée à cause de décisions qui relèvent plus de la stratégie financière qu’industrielle et/ou sanitaire. », poursuit la FNIC CGT qui souligne l’indécence «  de voir des suppressions d’emplois au moment où le gouvernement fait l’éloge de l’innovation santé 2030 dans le cadre de France Relance, entraînant la mobilisation de 1,7 milliard d’euros d’argent public pour alimenter une industrie du médicament qui reste bien privée. »

La fédération rappelle également qu’au-delà des 1600 postes, ce sont plutôt 8400 emplois qui se retrouvent directement et indirectement menacés. Une telle « hécatombe » renforcera, inévitablement, la désindustrialisation et une forme de désertification des territoires, stérilisés de force par un patronat toujours plus vorace.

Pour la FNIC CGT, « Que ce soit dans l’intérêt de la santé, de l’emploi, des besoins en recherche, de la maîtrise de nos productions, la maîtrise des dépenses en traitement thérapeutique, les questions d’un « pôle public du médicament » et du « médicament bien commun » doivent s’imposer entre salariés des industries de la santé, mais aussi dans le débat public. L’ultra-mise sous perfusion d’argent public d’une industrie privée de la santé en France n’est pas la solution. »

Répondre aux besoins de Santé est un enjeu sérieux pour lequel les dirigeants de Sanofi n’ont, visiblement, aucune compétence. Il convient donc, d’urgence, de retirer les industries pharmaceutiques hors des griffes du marché. A l’instar d’autres secteurs industriels comme le transport, la logistique, les industries électriques, pétrolières, pétrochimiques, ou encore du BTP  etc, la réponse aux besoins et le bien-être des travailleurs passent par des expropriations sans compensations  et la constitution de monopoles publics sous contrôle des salariés, syndicats et usagers.