Grève Générale historique en Inde

Grève Générale historique en Inde : 300 millions de grévistes le 12 février 2026

L’Inde a connu le 12 février 2026 l’une des plus grandes mobilisations ouvrières de son histoire avec une grève générale nationale qui a paralysé le pays avec plus de 300 millions de travailleurs et paysans en grève.

Appelée par les dix grandes centrales syndicales, dont les plus puissantes, l’AICTUC et le CITU sont affiliées à la Fédération Syndicale Mondiale, et soutenue par le Samyukt Kisan Morcha (front paysan), la grève générale a fortement paralysé cetaines grandes villes et régions industrielles, comme le Karnataka, le Bihar ou le Tamil Nadu. Et impacté des secteurs clés : banques, transports publics, mines, électricité, pétrole et raffineries, construction, industrie manufacturière, ainsi que les services publics et les zones rurales et agricoles. 

Ce mouvement historique marque une nouvelle étape dans la résistance ouvrière et paysanne face aux réformes libérales du pouvoir. La mobilisation sociale affronte l’application de quatre codes du travail anti-ouvrier adoptés par le gouvernement Modi, suprémaciste hindou. Ces codes du travail précarisent notamment l’emploi au travers de la facilitation des licenciements, l’assouplissement des contrats, la réduction des protections syndicales. 

L’appel unitaire à la grève générale souligne : «Le gouvernement du pays poursuit son programme de privatisation et de vente de toutes les entreprises stratégiques du secteur public et de tous les services publics, tels que les chemins de fer, les ports et les docks, les mines de charbon, le pétrole, l’acier, la défense, les routes, les aéroports, les banques, les assurances, les télécommunications, la poste, l’énergie atomique, la production et la distribution d’électricité, etc., à de grandes entreprises indiennes et étrangères, mettant ainsi en péril la croissance industrielle locale et l’économie autonome. La commercialisation de l’éducation et de la santé porte un coup dur à la population, qui ne peut supporter ces coûts exorbitants. Les prix des produits de première nécessité ne cessent d’augmenter. Avec l’aggravation des inégalités, un très grand nombre de personnes sont poussées vers une vie en dessous du seuil de pauvreté. » 

Les syndicats et les grévistes dénoncent également aussi les politiques de privatisation, les attaques contre les droits sociaux, la destruction programmée de programmes d’Etat, l’application d’un accord commercial entre l’Inde et les États-Unis.

Pour la Fédération Syndicale Mondiale, qui a exprimé sa solidarité avec la classe ouvrière indienne, « les enjeux de cette grève portent sur les droits syndicaux fondamentaux de la classe ouvrière indienne et des travailleurs. » « Les actions de grève en Inde revêtent toujours une importance internationale particulière, notamment en raison de l’ampleur de la classe ouvrière indienne. […] la [grève] prendra une dimension sans précédent et transmettra un message fort d’action militante de classe à la classe ouvrière du monde entier. », affirme encore la FSM.