Défendre l’industrie, une nécessité : l’exemple du raffinage
En lutte frontale contre la désindustrialisation organisée par le patronat, la FNIC CGT sonne l’alerte depuis deux ans, soulignant dans une brochure : « la situation économique et sociale que nous vivons dans nos secteurs professionnels et nos entreprises demande de pousser notre réflexion sur les enjeux industriels. […] Sans une industrie forte qui structure le territoire, c’est l’ensemble de nos conditions d’existence de vie qui sont remis en cause ! ».
« Tous les secteurs de notre Fédération sont menacés par des restructurations nombreuses et profondes, sous couvert d’environnement, notamment avec le déploiement des PTTJ (Plan de Transition Territoriale Juste) et les projets ZIBAC (Zone Industrielle Bas Carbone), les projets IZF, (Industrie Zéro Fossile) dans le cadre du plan d’action «France Nation Verte». » rappelle encore la FNIC CGT qui ajoute : « la casse de l’emploi dans l’industrie, ce sont aussi des effets dominos en cascade, sur les secteurs des services aux entreprises, les emplois induits, les services publics, le tertiaire et le commerce. C’est la fragilisation de l’ensemble des territoires au niveau national.
Le prétexte est de répondre à l’urgence environnementale, mais en réalité, il s’agit d’habiller des restructurations majeures pour mieux détruire le socle économique et social de notre société. Un certain nombre d’annonces ont déjà été faites, comme à Yara à Montoir de Bretagne, Adisseo à Commentry, Exxon à Notre dame de Gravenchon, Vencorex à Pont de Claix, Yves Rocher, Air Liquide, Sanofi, Smurfit Kappa, etc. »
Cette offensive patronale, contre laquelle se battent les syndicalistes CGT, ne date pas d’hier, comme peut en témoigner l’état du Raffinage en France.
« La France importe massivement des produits raffinés alors que les fermetures de raffineries ont limité l’offre présente sur le territoire. Il n’y a donc aucune raison de sacrifier un outil de production utile à plus d’un titre » explique ainsi la FNIC CGT dans son document « le Raffinage et le Pétrole en France : pourquoi on en a besoin ? ».
« Ce que la raffinerie produit en carburant répond avant tout aux besoins nationaux. Avec les arrêts ou les conversions de raffineries des dernières décennies, la production des raffineries françaises s’est réduite, c’est donc la véritable cause de l’importation massive de carburants sur le territoire. Il faut concentrer l’offre sur la production locale de carburants et limiter autant que possible les importations de produits raffinés. », peut-on lire.
Depuis des années, et en cohérence avec les autres mastodontes de différentes branches industrielles, les opérateurs, subventionnés par l’Etat, du raffinage et de la pétrochimie entretiennent un désinvestissement chronique sur les installations tandis que les investissements ponctuels réalisés sur les infrastructures sont en réalité bien souvent financés directement ou indirectement par l’argent public.
Pour la FNIC CGT, « le raffinage est au cœur de l’économie et en amont de nombreuses filières. Outre les débouchés liés à la mobilité, au chauffage et à la production d’énergie, il convient de considérer l’orientation de l’outil de raffinage vers les débouchés de la chimie (pétrochimie) et les produits spécialisés tels que les lubrifiants, l’asphalte, les solvants rares et les cires. »
« Tant que ce carburant, ce pétrole qui part en fumée et qui pollue, ne sera pas remplacé par une énergie de substitution, il ne sera pas envisageable d’en demander la suppression. Stopper le raffinage sur le territoire au seul prétexte que cette énergie fossile est polluante reviendrait à valider l’importation provenant de pays où la réglementation environnementale n’est pas une priorité », explique encore la fédération CGT.
Les industries chimiques et « le raffinage [ont] un avenir nécessitant qu’on fasse des choix de politique industrielle clairs visant à faire évoluer cette industrie. »
Il faut, souligne la FNIC CGT, « insuffler une véritable politique industrielle qui mette notre territoire en capacité de faire évoluer son outil de raffinage et ce faisant, renforcer les liens pétrochimiques, chimiques, et les industries en aval qui nous sont indispensables. ».
Cela passe notamment par « faire le choix du maintien des raffineries [qui] fait sens sur le plan industriel et de la réponse aux besoins. Cela nécessite en revanche d’orienter dès à présent les fruits de l’exploitation de l’outil de raffinage vers l’investissement et l’emploi et non vers les revenus du capital. »
En effet, « ces secteurs, aujourd’hui entièrement entre les mains du secteur privé, ne sont développés qu’au regard de l’unique critère de rentabilité comme, par exemple, le médicament. Il est logique que ces grands secteurs structurants soient placés sous contrôle public afin de planifier leur développement en fonction des besoins de la population, et non dans le but d’augmenter le cours des actions en bourse. »
Pour la FNIC CGT, « la position centrale des Industries chimiques comme pourvoyeuses de produits utiles à tous, et indispensables aux autres industries, amène logiquement, là aussi, à exiger de les soustraire à la logique d’actionnaires privés, dont l’objectif est la rentabilité, pour les placer sur le terrain de leur utilité et de la réponse aux besoins des populations et des salariés qui y travaillent. »
« La mise sous contrôle public, la nationalisation, et la mise sous contrôle des salariés, la socialisation des industries chimiques est, dans ce sens, une revendication pragmatique et indispensable. », affirme encore la fédération CGT qui dénonce également la politique de dumping fiscal du patronat qui « empoche une marge abusive pour des produits fabriqués par des travailleurs sous-payés à l’autre bout de la planète, et ces mêmes produits achetés par d’autres travailleurs, par exemple en Europe. »
Protéger les salariés, les populations et l’environnement implique d’arracher les industries chimiques hors des griffes du marché
Comme le souligne la FNIC CGT dans sa brochure, « les produits chimiques sont indissociables de notre milieu naturel et urbain et les travailleurs de la chimie sont fiers que leurs productions répondent ainsi à tous ces besoins. La contribution des produits chimiques à notre société est d’une valeur inestimable. En revanche, dans la mesure où leur production est soumise au diktat des actionnaires privés, ces produits peuvent se révéler nuisibles aux salariés qui les fabriquent, aux populations qui les utilisent, ainsi qu’à l’environnement. »
« C’est en effet le mode de production capitaliste qui est la cause des catastrophes industrielles », en France et dans le monde. « C’est l’impérialisme guerrier, notamment des USA, qui a engendré le développement des terrifiantes armes chimiques. C’est pour dégager du bénéfice que l’amiante a été si longtemps, et reste utilisée, dans de nombreux pays, même si ce produit est un poison effroyable, tout comme les PFAS actuellement. ».

