Grève nationale à Kem One contre la casse de l’industrie et de l’emploi
A l’appel de la CGT, une grande journée de grève nationale a été engagée sur l’ensemble des sites du géant industriel chimique Kem One ce 31 mars pour exprimer la « colère face à la situation actuelle du groupe et au manque d’investissements indispensables pour notre avenir. ».
La grève a été notamment engagée suite à la découverte d’une bataille entre différents fonds spéculatifs pour mettre en pièces le groupe et continuer le pillage méthodique de l’entreprise.
Le fonds vautour Apollo, qui a annoncé la mise en vente du groupe, est responsable d’une dette colossale de 700 millions d’euros et fait peser une menace directe sur l’outil industriel et la sécurité des installations.
Dans une lettre ouverte adressée à Emmanuel Macron, la FNIC CGT et la Coordination CGT Kem One, avaient alerté sur la volonté du fonds d’investissement Apollo de se « désengager après avoir profondément dégradé la situation financière de l’entreprise. »
En effet, et comme le rappelle la CGT, Apollo ne crée aucune valeur dans l’entreprise voir même il est juste bon à la piller de chaque euro disponible. […] depuis la prise en main de Kem One par Apollo, ce dernier n’a pris aucune décision d’investir massivement dans les usines pour fiabiliser les installations afin de travailler en sécurité et améliorer les conditions de travail. ».
Pour la CGT, le « seul et unique intérêt [d’Apollo] est de faire remonter du cash sous toutes ses formes, consultants bidons, intérêts de la dette etc. » Et ce, alors que « depuis des années, on nous demande toujours plus avec des moyens toujours plus faibles, des outils vieillissants, des dettes qui explosent et des décisions guidées par la finance plutôt que par l’industrie et l’emploi. »
Au bout du compte, ce sont les travailleurs et les travailleuses qui subissent les conséquences de la voracité patronale avec les suppressions d’emploi, la non-anticipation des départs, le doublage de postes à répétition pour les postés, le recours à des prestataires extérieurs et la perte de compétence. Sur les sites de Saint-Fons, Fos, Lavera, Balan, Saint Auban.. ce sont des dizaines de postes qui sont non pourvus ; Apollo se gave ainsi sur chaque centime « économisé » c’est-à-dire sur les ouvriers du groupe, en surcharge de travail et confrontés à des risques de santé et de sécurité. Pour la CGT, il faut une véritable vision d’avenir avec la création de filière de formation.
« Kem One est une entreprise depuis 2012 perfusé aux aides d’états. Laisser détruire l’outil français est une aberration. Cette journée de grève doit nous permettre de construire un rapport de force qui contraindra le gouvernement à sortir de sa passivité et à garantir le maintien de nos emplois au sein de vrai projet industriel en faisant pression sur nos actionnaires. », explique encore la CGT Kem One.
Pour les syndicalistes CGT, aucune illusion : « nous devons compter sur nous-mêmes pour défendre notre avenir, nos emplois et la pérennité de nos sites. » La CGT Kem One a clairement exprimé ce qu’elle veut pour demain : des investissements massifs dans l’outil de production, la sécurité, la maintenance et l’emploi, et ce qu’elle ne veut plus : la casse sociale et le mépris des travailleurs.
Ajoutons que le cas du groupe Kem One est bien entendu loin d’être isolé. L’industrie et l’emploi, notamment dans les industries métallurgiques et chimiques, subit un véritable saccage. Ces sites industriels et usines et ces vies d’ouvriers, d’ouvrières – sans oublier leurs familles – sont sacrifiés par les capitalistes pour garantir du profit immédiat aux actionnaires. Cette spéculation capitaliste qui se nourrit de l’exploitation est sans limite, complice avec l’Etat, et ignore les frontières.
Pour la combattre, la grève et la mobilisation – à l’image du mouvement à Kem One – est nécessaire et salutaire pour casser le plafond de verre patronal et revendiquer une industrie à la hauteur des enjeux, notamment en termes de réponse aux besoins.
Ecraser les vautours d’Apollo ou du Medef est nécessaire pour se libérer des griffes du marché, ce qui passe ainsi par, non seulement le remboursement intégral des aides de l’Etat, mais aussi l’expropriation des grands groupes capitalistes, la réappropriation des machines, usines et infrastructures industrielles, la direction ouvrière de l’économie et de la société.

