Posté le 28 avril 2020 Par Dans International Avec 440 Vues

Entretien avec le syndicat américain des couvreurs de Los Angeles

Nous avons pu joindre et interviewer un responsable d’un syndicat américain des couvreurs de Los Angeles, qui organise les travailleurs du Bâtiment, tout en impulsant des actions de solidarité et d’entre-aide directe en direction de la population américaine. Ajoutons par ailleurs que ce syndicat a été le premier syndicat américain, depuis 1945, à s’être affilié (en 2017) à la Fédération Syndicale Mondiale.

Entretien avec le syndicat américain des couvreurs de Los Angeles

Pouvez-vous brièvement décrire votre responsabilité syndicale ?

Je suis responsable du syndicat des couvreurs, Local 36, dans le secteur du bâtiment à Los Angeles, en Californie.

Que dire de la crise sociale et sanitaire aux Etats-Unis ?

Les contradictions économiques et politiques aggravent le péril pour la santé. Les motivations de la classe dominante ne concordent pas avec l’idée de garantir la santé et la sécurité du peuple.

Quelles sont les responsabilités des capitalistes dans cette crise économique et sanitaire ?

La responsabilité fondamentale des capitalistes est liée à la recherche de profits, de la sauvegarde du capital, de son accès stratégique et de ses parts marché. Voilà la loi du capitalisme, à laquelle tout est soumis.

Quelle est la situation actuelle du système de santé en Californie et aux États-Unis ?

Le système de santé américain fonctionne exclusivement pour le profit. Près de 28 millions de personnes n’ont aucune assurance maladie tandis que 33 millions de personnes ne sont pas assurés à la hauteur de leurs besoins. La plupart des assurances-maladies ne sont fournies que par les employeurs, de ce fait, un déclin de l’économie menant à des licenciements amène aussi une perte de la couverture santé, ce qui représente une véritable catastrophe dans ce contexte de pandémie.

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Pourquoi votre syndicat a-t-il organisé une initiative publique de dons de masques et de nourriture à la population ? N’est-ce pas là une responsabilité des patrons et du gouvernement ?

Le but des organisations de travailleurs est d’amener à la classe ouvrière les biens matériels dont elle a besoin. Cela est normalement du ressort des patrons et du gouvernement, mais à l’image de tout ce qu’il se passe sous le capitalisme, la distribution de ces biens matériels fondamentaux n’est en rien équitable ou juste. On ne peut pas se permettre d’attendre que les propriétaires se soucient de nous : nous devons palier aux besoins urgents des nôtres, de la classe ouvrière. Ces actions de solidarité développent également notre relation avec la classe ouvrière de manière générale, et illustrent par l’exemple les échecs des autorités capitalistes.

Comment votre syndicat parvient-il à se mobiliser et protéger les travailleurs ?

Nous organisons les travailleurs pour améliorer leurs conditions de travail, pour que nous puissions vendre notre force de travail selon nos propres conditions, pour garantir le maintien de l’emploi dans le temps, ce qui n’est pas le cas dans le secteur privé du bâtiment, et fait l’objet de négociations permanentes. Comme il est compliqué de dépasser les problématiques immédiates (et qui dépendent de beaucoup de variables) des travailleurs (sécuriser son emploi, payer les factures, etc…), nous développons l’éducation des travailleurs aux facteurs économiques et politiques qui ont un impact sur leurs vies afin qu’ils aient les connaissances pour améliorer leurs situations.

Selon vous, quelles sont les principales expériences et leçons à retenir de la période actuelle ?

Nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes pour protéger nos propres vies. Les dirigeants des mouvements de travailleurs aux USA sont trop soumis aux obligations capitalistes pour amener les solutions nécessaires et les stratégies répondants aux problèmes immédiats de la classe ouvrière. Les travailleurs américains ont désespérément besoin d’un parti pour représenter leurs intérêts, et les organiser en une force politique pouvant lutter contre leurs ennemis. Enfin, les travailleurs du monde entier ont les mêmes intérêts, et doivent s’organiser autour de leurs idées.

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