Posté le 8 mars 2021 Par Dans En avant, Luttes, Perspectives Avec 139 Vues

8 mars : Un jour de tous les combats ; Un combat de tous les jours

Aujourd’hui, Journée internationale de lutte pour les droits des femmes, comme tous les autres jours de l’année, tout le monde parle, la main sur le cœur, de l’importance de l’égalité entre les femmes et les hommes. Pourtant, personne, à part la CGT et les autres syndicats, ne garantit sa réalisation effective ni sur le lieu de travail, ni dans la vie et dans la société.

Cette hypocrisie doit cesser.

Moins payées et doublement exploitées, les travailleuses subissent la déréglementation du temps de travail et concilient difficilement l’activité professionnelle avec la vie personnelle et familiale (comme dans l’industrie, le commerce et les services). Elles sont aussi les plus touchées par le télétravail (notamment dans le service public, l’éducation et les services publics).

Ajoutons que les suppressions de postes dans la fonction publique impactent les femmes car ces dernières représentent 62 % des fonctionnaires, en particulier dans l’éducation, la santé (77%) et l’administration publique (73%).

De manière concomitante, les coupes budgétaires dans les services publics empêchent le développement de structures nécessaires comme l’accueil de la petite enfance ; le nombre de maternité a été divisé en France, quasiment par trois ces quarante dernières années, passant de 1369 à quelques 518 en 2021, il en est de même des services aux personnes malades ou handicapées, des aides familiales etc…

Et là encore, ce sont les femmes qui pallient le manque de services publics pour les personnes âgées et/ou dépendantes. Cela a une conséquence directe sur le temps que disposent ces dernières. Véritable angle mort, les aidants familiaux représentent 75 % des femmes qui arrêtent leur travail ou passent à temps partiel pour s’occuper de leurs proches… Elles y consacrent en moyenne pas moins de cinq heures par jour.

Quelques chiffres pour illustrer la violence sociale et la double exploitation que subissent les femmes sous le capitalisme en France

Les temps partiels et la précarité

  1. 82% des travailleurs à temps partiels sont des femmes
  2. 63 % des salariés payés au smic sont des femmes

Des inégalités pour la retraite

  1. 40% en moins de retraites pour les femmes
  2. 56% des retraités qui sont allocataires du minimum vieillesse sont des femmes

Violences au travail

  1. 80% des femmes disent être victimes de violences sexistes au travail
  2. 70 % des victimes disent ne pas en avoir parlé à leur supérieur
  3. Quand elles le font, 40% d’entre elles sont mutées, placardisées, voire licenciées !

Et si la situation était déjà grave, la pandémie a aggravé le sort des travailleuses

Les femmes sont en première ligne face à la pandémie et subissent également les conséquences d’une charge de travail accrue (dans les hôpitaux, dans l’aide sociale, le nettoyage, dans leurs foyers).

La main d’œuvre féminine se situe aussi principalement dans les secteurs les plus impactés par les suppressions d’emplois (ex : l’hôtellerie, la restauration, le tourisme, les services et aides à la personne). Par ailleurs, la majorité des chômeurs n’ayant pas accès aux allocations de chômage, les risques de pauvreté et d’exclusion sociale sont plus importants chez les femmes.

La sous-évaluation du travail et des compétences des femmes, ainsi que leur impact sur les salaires, généralement plus faibles tout au long de la vie, se reflètent par ailleurs dans la faible valeur des prestations de protection sociale et des pensions de retraite. La réforme des retraites voulue par le gouvernement pénalisera d’ailleurs encore davantage les femmes en particulier.

A l’heure où la destruction des conquis sociaux, de la sécurité sociale et de la santé, mais aussi de l’emploi s’enchaîne, l’intensification des rythmes de travail conduit les femmes à souffrir du plus grand nombre de maladies professionnelles.

N’oublions pas aussi que les droits fondamentaux à pouvoir disposer librement de son corps et de sa sexualité sont de plus en plus menacés par les politiques d’économies budgétaires, notamment en ce qui concerne l’accès à l’avortement.

Quelques pistes revendicatives :

  • Dénoncer et s’opposer aux temps partiels imposés et la précarité
  • L’égalité salariale passe par la lutte pour l’emploi stable, sans précarité ni temps partiel subi. Exigeons :
  • Un accès à la formation et à la qualification professionnelle.
  • La revalorisation salariale immédiate du Smic et de tous les emplois à prédominance féminine et le rat- rattrapage de toutes les carrières.
  • Création massive d’emploi dans les Services publics et l’industrie

 

  • Pour un service public de prise en charge de la petite enfance et de la famille :
  • Les politiques familiales, financées par la Sécurité sociale, doivent favoriser la conciliation entre vie professionnelle et parentale, accompagner le développement de l’enfant et prévenir les risques. La prise en charge des enfants est un besoin social que doit être assumé de manière collective par la société.
  • Revendiquons le développement massif de crèches publiques et gratuites dans les quartiers de proximité et lieux de travail.
  • Exigeons la socialisation des tâches domestiques : il est indispensable de libérer les femmes des tâches domestiques assumées dans l’espace privé en transférant celles-ci dans la sphère des services collectifs, buanderies, laveries et cantines par exemple, où des salariés réaliseraient les tâches effectuées gratuitement par les femmes dans la sphère domestique.

 

  • Pour un service public en faveur des personnes âgées et de la prise en charge de la perte  d’autonomie, exigeons :
  • La prise en charge de la perte d’autonomie doit être au sein même de l’assurance maladie dont le fondement est de faire face aux aléas de la vie, de la naissance à la mort. Une prise en charge globale de l’ensemble des aides matérielles et humaines quel que soit l’âge de la personne aidée, que ce soit à domicile ou en établissement.
  • La création de nombreux emplois et une requalification /augmentation des salaires.
  • L’arrêt de la privatisation des établissements pour personnes âgées et dépendantes. La création d’établissements publics ainsi que des équipes médicales et sociaux nécessaires.

 

  • Pour une reconquête de la sécurité sociale intégrale
  • 100% financées par les cotisations et gérées par les travailleurs.
  • 100% indemnisés pour les privés d’emplois.
  • 100% couverts pour tous les risques de la vie.

Tout le monde parle d’égalité, la CGT, elle, agi pour l’égalité réelle et pas que formelle ! C’est à nous toutes et à nous tous de répondre par l’unité et la combativité face à la double-exploitation de nos sœurs de classe ! Et d’attaquer, ensemble et en même temps, l’ennemi commun, la source de ce système : le capitalisme. La riposte ne peut être que générale, hommes et femmes, travailleurs avec ou sans papier, privé ou non d’emploi !

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