Posté le 20 avril 2020 Par Dans En avant, Luttes, Perspectives Avec 523 Vues

Réouverture des établissements scolaires : poser les enjeux de classe signifie dépasser la simple question du confinement

L’annonce de Macron, lundi 13 avril, de rouvrir les établissements scolaires à partir du 11 mai a révélé la volonté du patronat et du gouvernement d’accélérer la reprise de l’activité économique. En France, et selon l’OFCE, ce sont près de 300 000 ouvriers et ouvrières, et plus de 300 000 employés non qualifiés qui sont concernés par la garde d’enfants.

Il ne faut pas se laisser tromper par le discours pathétique de Macron : la vie, les loisirs, et la sécurité des travailleurs lui importent peu. Pour Macron et son monde, seul compte le marché, la lutte concurrentielle des monopoles, les profits. Ainsi va la société capitaliste.

Si l’Éducation nationale n’est pas vitale à la sécurité sanitaire, elle est par contre nécessaire pour un plus large redémarrage de l’économie. La situation exceptionnelle que nous vivons souligne par ailleurs l’importance des anciens CHSCT que Macron a détruit, d’abord en tant que ministre, puis en tant que président. Cette instance doit être rétablie et réunie afin de garantir à tous les travailleurs la sécurité au travail.

Soyons clair, le confinement réel n’a jamais eu lieu et n’aura jamais lieu !

Dans tous les secteurs économiques, dans toutes les entreprises, le maintien ou la reprise de l’activité économique s’est toujours réalisée en dépit du respect des consignes sanitaires. Si le confinement est social et politique, il n’est certainement pas économique.

Depuis le 17 mars, des millions de travailleurs, relevant de secteurs économiques pourtant non essentiels à la sécurité sanitaire de la population, ont ainsi été contraints par le patronat de continuer à produire.

Jusqu’à sa condamnation, Amazon n’avait par exemple jamais cessé les livraisons de produits non essentiels à la santé de la population. Soulignons d’ailleurs que dès le 20 mars, l’UIMM, la Cfdt-Métallurgie, FO-Métaux, le CFE-CGC-Métallurgie, avaient signé un accord afin de permettre à l’industrie métallurgique de « retrouver un niveau d’activité satisfaisant ».

Pourtant, la Direccte Auvergne-Rhône-Alpes avait depuis le début dénoncé l’impossibilité pour les travailleurs et travailleuses de suivre les règles de distanciation sociale, ainsi que l’absence de produits désinfectants à leur disposition. De même, la Direccte Bourgogne-Franche-Comté avait pointé du doigt les nombreux défauts d’entretien des locaux et du matériel.

Les nombreuses luttes menées courageusement par les travailleurs et les travailleuses dans de nombreux secteurs d’activité, qu’Unité CGT a relayé, sont la preuve de la nécessité de poursuivre l’activité syndicale et d’intensifier la lutte, car si ce gouvernement ne mène pas la guerre au virus, il dirige bien ses coups contre les travailleurs et les travailleuses

Le confinement sert de prétexte à la casse de nos libertés et de nos droits, et anesthésie notre capacité à les défendre

Macron ne mène pas la guerre au virus pour défendre la population. Par contre, il mène une véritable guerre sociale contre les travailleurs. Profitant de l’état d’urgence sanitaire, Macron et son gouvernement se sont ainsi empressés d’abattre par ordonnance nos conquis sociaux : remise en cause des 35h, des congés payés, des RTT, généralisation du travail le dimanche, suppression des cotisations patronales qui ouvre la voie au démantèlement de la Sécurité sociale…

Le confinement a permis d’accélérer la mise en place de ces mesures anti-sociales car les travailleurs sont privés de leurs libertés démocratiques les plus fondamentales.

Toutes les mesures liberticides prises au nom du confinement – interdiction des rassemblements, atteinte à l’exercice du droit constitutionnel de grève, alors même que la production demeure ininterrompue – doivent nous interroger et nous inciter à l’action.

Qu’adviendra-t-il de nos droits et libertés après le confinement ? Rappelons-nous que c’est Macron qui a inscrit dans le droit ordinaire des mesures exceptionnelles liées à l’état d’urgence. Demain, au nom de notre propre « protection », nous empêchera-t-il de nous rassembler pour défendre nos droits ? Alors que les éditocrates annoncent des lendemains qui chantent, c’est sous un état d’urgence sanitaire permanent qu’il faut s’attendre à vivre.

Le confinement nous a été imposé, il n’a fait l’objet d’aucune concertation avec les organisations syndicales. Aujourd’hui, seul l’exercice et la défense de nos droits doivent nous imposer la ligne de conduite à suivre. Notre seul juge doit être notre conscience politique.

Fixer les conditions de la reprise

Le seul objectif du gouvernement et du patronat est de nous priver de nos conquis sociaux et de nos libertés démocratiques. C’est donc à nous, travailleurs et travailleuses, qu’il appartient, par l’exercice et pour la défense de nos droits de sonner l’heure de la reprise. Personne d’autre, et certainement pas les voyous en col blanc au pouvoir, n’a le droit de décider à notre place.

Les travailleurs ont des représentants élus et légitimes, c’est donc bien l’avis des organisations syndicales qui doit conditionner la possibilité d’une éventuelle reprise ou du maintien d’une quelconque activité.

Il est évident que l’état actuel du service public hospitalier en particulier, et des secteurs de l’industrie pharmaceutique et médicale en générale, accentue les effets de la crise sanitaire. Il appartient à l’État de prendre toutes les mesures nécessaires à l’amélioration de la prise en charge des malades, en rouvrant des lits et des centres hospitaliers. Il appartient à l’État de relancer dès maintenant la production industrielle des masques, du gel, et de tous les produits à même de limiter la propagation du virus. La CGT, à de nombreuses reprises, a rappelé « l’existence de capacités industrielles non utilisées ».

Les choix du patronat et du gouvernement sont des choix de classe. Soyons clairs, le gouvernement et le patronat ne seront pas capables de garantir notre sécurité et notre santé au travail. Nous devons refuser l’aseptisation de nos combats, de notre lutte, de nos vies.

À l’approche du 1er mai, il nous appartient de réfléchir aux modalités d’actions concrètes qui permettront de faire entendre la voix des travailleurs et travailleuses de ce pays. Il appartient à nos différentes structures syndicales de poser et défendre les enjeux de classe de la reprise et de la lutte.

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