« LES DOCKERS NE TRAVAILLENT PAS POUR LA GUERRE » ET LE GÉNOCIDE ; GRÈVE GÉNÉRALE DANS LES PORTS MÉDITERRANÉENS

« LES DOCKERS NE TRAVAILLENT PAS POUR LA GUERRE » ET LE GENOCIDE : LES OUVRIERS DES PORTS ET DOCKS ENGAGENT UNE GREVE GENERALE EN MER MEDITERRANEE

« Les dockers ne travaillent pas pour la guerre » : les travailleurs de plus de 20 ports méditerranéens – en Italie, Grèce, Pays Basque, Turquie, Maroc… – se préparent à une journée internationale de grève et d’actions le vendredi 6 février. L’objectif ?  Dénoncer et s’opposer à la militarisation croissante des infrastructures de transport,  notamment maritimes, ainsi qu’à la complicité des directions portuaires et des gouvernements, dans les guerres impérialistes en général, et en particulier dans le génocide à Gaza.

« Si nous ne franchissons pas ce pas, toutes nos autres revendications seront écrasées par la guerre », avait notamment expliqué l’Union Syndicale de Base, puissante confédération syndicale italienne, de classe et de masse, affiliée à la Fédération Syndicale Mondiale.

Au moins dix ports italiens sont concernés par cette grève, historique, et qui prolonge et amplifie encore la puissante et magnifique mobilisation de la classe ouvrière italienne pour la fin du Génocide à Gaza qui a enflammé l’Italie depuis l’été dernier, avec notamment des actions des dockers mais aussi plusieurs grèves générales très suivis – et qui ont paralysé le pays en septembre et octobre – et d’imposantes manifestations, notamment à Rome et Gènes. Bien entendu, cette vague de solidarité avec le peuple de Palestine est liée, par nos camarades en Italie mais aussi en Grèce, à la résistance organisée contre les programmes de réarmement, contre l’austérité et pour la satisfaction des revendications, notamment salariales, des travailleurs avec leurs syndicats.

Cette mobilisation cible donc les livraisons d’armes, dénonce « l’effort de guerre », le militarisme et le réarmement et s’oppose fermement aux conséquences de l’économie de guerre sur les droits et la protection sociale des travailleurs et travailleuses. Cette journée d’action est ainsi lancée afin de « garantir que les ports européens et méditerranéens soient des havres de paix, exempts de toute implication dans la guerre » impérialiste, en particulier le Génocide à Gaza et en Palestine.

Génocide à Gaza et Impérialisme : la Palestine, boussole de l’internationalisme ouvrier

Il faut comprendre ici que cette journée de grève des Ouvriers Portuaires et Dockers est une élévation du rapport de force. En effet, de nombreux travailleurs qui ont déjà participé à des initiatives de blocage des livraisons d’armes, se joindront à des mobilisations coordonnées. Un véritable pas en avant.  

Depuis le début de l’offensive israélienne et du Génocide à Gaza, les mobilisations des dockers et portuaires sont montés en puissance, en écho à l’amplification des initiatives contre les guerres impérialistes. En France, les syndicats CGT des Ouvriers et Portuaires s’est notamment illustré par des actions déterminées pour empêcher les transferts d’armes ou de munitions à destination d’Israël. Des actions similaires se sont en réalité multipliées à travers l’espace méditerranéen. Bien plus, ces derniers mois ont vu la mise en place d’une coordination, large et ancrée dans les lieux de travail, de syndicats d’ouvriers portuaires et dockers à travers la mer Méditerranée.  

Les ouvriers affirment, dans l’action, leur opposition irréductible à toute complicité avec le génocide à Gaza. Après plusieurs coups de semonces et la mise en place d’une véritable coordination des syndicats des infrastructures portuaires de plusieurs pays méditerranée, cette grève générale des ouvriers dockers et portuaires est une étape majeure pour le syndicalisme de classe et de masse.

Chacun pourra noter que ce sont des syndicats (l’Union Syndicale de Base (USB), ou encore le Front de tous les travailleurs de Grèce (PAME) la fédération syndicale du transport de Turquie Nakliya IS, le LAB basque (Langile Abertzaleen Batzordeak, en français : Commissions ouvrières patriotes), le syndicat marocain ODT (Organisation démocratique du Travail))… affiliés à la Fédération Syndicale Mondiale – mais pas seulement ! – qui, dans l’unité d’action et avec détermination, ont impulsé cet appel qui permet :

  1. De remettre la lutte contre le Génocide en Palestine sous les projecteurs médiatiques
  2. Envoie un signal très clair au patronat : « nos ports ne seront pas utilisés comme rouages dans le génocide et la guerre »
  3. Accélère la prise de conscience par le plus grand nombre du risque imminent de généralisation des guerres – dans un contexte international particulièrement inflammable – et de la capacité des travailleurs – parce que ces derniers sont au cœur de la production capitaliste – à bloquer la machine de mort israélienne, gripper et paralyser les plans de guerre de nos gouvernants.

Les syndicats mobilisés sont unis par une même détermination, celle de tout faire pour enrayer la marche vers la guerre générale et le Génocide à Gaza.

Car le Génocide continue à Gaza. Aux centaines de milliers de morts, aux bombardements et opérations au sol qui se poursuivent et à la famine chronique et organisée de A à Z par Israël, s’ajoute l’absence criante de perspectives politiques pour l’enclave palestinienne, alors que s’accélère encore et encore la colonisation et l’annexion de la Cisjordanie par le régime terroriste de Tel Aviv.

La Solidarité ouvrière et internationaliste qui s’est exprimée au cours des deux ans et demi passé, notamment avec et grace à la Fédération Syndicale Mondiale – en opposition avec la complicité de la CES et de la CSI avec le Génocide – a permis l’éclosion d’un véritable mouvement global pour la Palestine, une Intifada des consciences qui – comme on l’a vu en Italie – peut entrainer une vague de contestation sociale et politique inédite.

Soyons solidaires de nos camarades, engageons nous tous, dans toutes les professions, notamment celles qui ont un lien, du fait de la production (industries chimiques, métallurgiques…) ou du transfert/transport (infrastructures portuaires, aéroportuaires, logistiques, ferroviaire…), possible avec l’armement, en particulier en direction d’Israël.

Il est temps également pour nos organisations syndicales de dénoncer et rompre définitivement avec la Histadrout, « syndicat » israélien influent notamment dans la CSI et complice du génocide à Gaza et de l’occupation coloniale en Palestine.

Malgré tous les efforts de nos gouvernants, le cœur des Peuples et des Travailleurs et Travailleuses sont demeurés résolument et implacablement du côté de la Justice et de la Paix, donc aux côté de la cause du Peuple de Palestine et en soutien à la cité martyre de Gaza, face au génocide monstrueux, barbare et terroriste en cours.