Posté le 17 mars 2020 Par Dans En avant, Luttes Avec 356 Vues

Faire payer les patrons : quelques propositions pour répondre aux urgences

Face à la crise du coronavirus, les travailleurs doivent prendre leurs destins en main et à exhorter le gouvernement à prendre des mesures immédiates pour protéger leurs santés et leurs droits.

Alors que les médias et politiques semblent « redécouvrir » les services publics, les privatisations se poursuivent en catimini. L’Etat, jusque-là majoritaire dans l’actionnariat de la Poste avec 73,68% des parts, n’y pèsera plus que pour 34%. Ainsi : côté face, Emmanuel Macron vante les services publics mobilisés face à la crise ; côté pile, les privatisations et magouilles financières continuent.

La crise actuelle démontre en pratique que le secteur privé est incapable de gérer, non seulement les cataclysmes économiques, mais aussi les difficultés sanitaires à l’échelle du pays. Si la bourgeoisie fait mine de redécouvrir qu’elle a besoin des travailleurs pour faire tourner le pays, ne soyons pas trompés par l’apparent aspect « inédit » de la situation. Leurs discours peuvent « changer », mais le fond de leurs pensées demeure le même.

Notre pays, puissance industrielle et économique majeure, a les moyens humains, financiers, technologiques, logistiques, scientifiques, pour répondre à la crise. Pour répondre aux urgences sanitaires, sociales et économiques, voici quelques pistes à débattre, discuter, critiquer, relayer.

Respecter et protéger les droits individuels et collectifs des travailleurs

Aujourd’hui, c’est l’ensemble de la classe des travailleurs qui se retrouve en première ligne face aux urgences sanitaires, économiques, sociales, politiques. Personnel de santé, cheminots, traminots, ouvriers du bâtiment, de la métallurgie, de la chimie, de la grande distribution, de l’agroalimentaire, des chantiers navals, de l’aéronautique, les travailleurs de l’éducation, les fonctionnaires, les travailleurs privés d’emploi etc… nous sommes tous concernés. C’est par la solidarité et l’unité de classe que nous y arriverons.

Le Code du travail, nos conventions collectives et droits syndicaux ne disparaissent pas comme par magie à cause de la crise. Toutes tentatives allant dans ce sens doivent être dénoncées et combattues.

N’oublions pas également que les dérogations au Code du travail sont du ressort de l’inspecteur du travail et nécessitent l’avis préalable du CSE, que les modifications au contrat de travail (introduction de la polyvalence, de la mobilité) ne peuvent être envisagées sans l’accord de l’intéressé et le respect des règles habituelles, ou que le télétravail nécessite le volontariat du salarié.

Protéger la santé de la population, faire payer les patrons

Le gouvernement doit permettre le recrutement d’un personnel médical et infirmier permanent pour permettre le fonctionnement 24 heures sur 24 de toutes les unités de soins de santé afin de désengorger les hôpitaux. De même, le gouvernement doit garantir l’accès gratuit aux masques, gels, équipements de base, à tous les services publics et à l’ensemble de la population.

Le gouvernement doit rouvrir immédiatement les hôpitaux et agences de santé fermés ces 30 dernières années, réquisitionner ou nationaliser (sans contreparties financières) l’ensemble des structures privées de santé, réquisitionner ou nationaliser les entreprises du BTP pour construire de nouveaux hôpitaux et des lits supplémentaires, réquisitionner ou nationaliser l’ensemble de la puissante industrie pharmaceutique française.

La constitution de véritables monopoles publics de la Santé, des chemins de fer, de l’Energie, du bâtiment, etc..; permettrait de répondre à l’ensemble des besoins sociaux immenses qui s’expriment aujourd’hui  avec encore plus de vigueur qu’auparavant en raison du caractère multi-factoriel de la crise actuelle.

Protéger la santé, les revenus et les droits de tous les travailleurs, faire payer les patrons

Le gouvernement doit encourager et protéger le droit de retrait de tous les travailleurs qui en feront la demande.

Les mesures de soutien financier annoncées jusqu’à présent ne concernent que les grandes entreprises capitalistes, tout en organisant la “quarantaine” des droits des travailleurs. Le gouvernement doit accorder des congés payés supplémentaires avec rémunération et assurance complète aux travailleurs malades et aux familles confrontées à des cas d’enfants ou de personnes âgés malades.

Les travailleurs de la grande distribution sont eux aussi en première ligne. Mais ils sont de facto réquisitionnés par des patrons qui voient leurs profits s’envoler dans la période. C’est l’ensemble du secteur qu’il faut socialiser, pour permettre non seulement un meilleur fonctionnement, mais aussi protéger les travailleurs de ce secteur clé.

En parallèle des mesures préventives nécessaires, le gouvernement doit prendre en charge la protection des travailleurs dont les droits seront violés par les employeurs qui profiteront de la situation pour licencier, imposer du chômage partiel ou utiliser le télétravail-télésurveillance pour exiger des heures de travail supplémentaire. De même, le gouvernement doit resserrer les contrôles de l’inspection du travail sur les lieux de travail qui ne seront pas fermés.

Le gouvernement doit prendre des mesures économiques d’urgence, et faire payer les patrons

La suspension du nouveau décret anti-chômeur qui devait entrer en application le 1er avril ne suffit pas, nous voulons le retrait de cette mesure qui condamne 11 millions de Français à la misère. De même, nous voulons, à l’image de 70% des Français, le retrait de la réforme des retraites, et non pas seulement le report.

Ce n’est pas à l’Etat, aux contribuables et aux travailleurs de payer la crise économique. La richesse du pays est créée quotidiennement par les travailleurs. Volé par les patrons, il est grand temps que cet argent, mais aussi toutes les infrastructures économiques nécessaires, reviennent entre nos mains. Les grands groupes capitalistes doivent être ou réquisitionnés, socialisés, ou mettre la main à la poche pour payer le prix de la crise économique et sanitaire.

A l’heure actuelle, le gouvernement prétend interdire les licenciements. Mais, dans ce cas, pourquoi l’Etat prend-il en charge le financement intégral du chômage partiel ? Ne nous trompons pas, au travers du financement par l’Etat du chômage partiel, c’est bien nous, les travailleurs de ce pays, qui paieront nous-même notre revenu pour cette période de crise.

L’annulation des cotisations sociales, les nouvelles exemptions et exonérations représentent un grand danger pour la Sécurité sociale. Une mesure d’urgence serait plutôt de relever drastiquement le taux de cotisation patronale afin de financer le chômage partiel, tout en maintenant l’interdiction des licenciements et en inscrivant cette mesure dans la loi.

De plus, une indemnité similaire doit être accordée aux travailleurs indépendants contraints de cesser leurs activités. Les salariés des entreprises suspendant leurs activités doivent également recevoir une indemnité d’urgence. Tous les retraités doivent recevoir une 13e pension immédiate comme soutien extraordinaire.

Dans le même temps, le gouvernement doit suspendre les coupures d’électricité et d’eau et accorder une extension de l’allocation-chômage à l’ensemble des travailleurs privés d’emploi.

Des mesures supplémentaires doivent être prises dans le domaine de l’éducation

Il est important de protéger les enfants des familles populaires des conséquences de la fermeture des établissements scolaires, notamment en prenant des mesures pour que les élèves et étudiants soient préparés le plus rapidement possible aux examens nationaux.

Il est nécessaire de résoudre tous les problèmes liés aux soins aux élèves et étudiants, ainsi que les questions des remboursements pour les excursions annulées, dans le pays et à l’étranger.

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