Posté le 23 mars 2020 Par Dans En avant, International, Luttes Avec 3232 Vues

« Nous vous demandons de faire grève » : 400 infirmières incitent les Italiens à suivre l’appel à la grève générale de l’USB

“Faites-le pour nous” : en Italie, quatre cents infirmières ont lancé un appel à participer à la grève générale du mercredi 25 mars. Initié par l’Union syndicale de base, syndicat de classe et affilié à la Fédération Syndicale Mondiale, cet appel à la grève générale a un objectif clair : contraindre le gouvernement à fermer toutes les usines et services non essentiels.

Les infirmières, qui participeront symboliquement à la grève du 25 mars en faisant une minute de grève pendant le service, expliquent que « nous, les travailleurs, avons été laissés seuls en première ligne pour lutter contre l’urgence sanitaire. Sans les dispositifs de sécurité adéquats […] nous tombons malades par milliers et, paradoxalement, nous devenons une source d’infection ».

« Tous les droits ont été suspendus, repos, vacances, congé, grève. [Nous sommes des] héros ou des anges lorsque nous souffrons en silence, [et nous sommes] menacés de répression et de licenciement si nous essayons de lever la tête ou de déserter la tranchée. [La crise du] Covid-19 met en lumière le démantèlement du Service National de Santé », poursuit l’appel.

L’appel de ces 400 infirmières a par ailleurs souligné la nécessité impérieuse de fermer toutes les activités de production non essentielles afin que des millions de travailleurs ne soient plus obligés de s’entasser dans des moyens de transport pour maintenir le fonctionnement des usines, des entrepôts, des supermarchés, des services, dans le non-respect des règles de sécurité les plus élémentaires, ce qui favorise la propagation du virus.

« Il est temps de faire grève. La santé et la sécurité avant tout ! Bien que notre [participation] à grève ne soit que symbolique – une minute de rotation entre le personnel de garde entre 13h30 et 14h30 – nous vous demandons de faire grève. [Faites] grève pour nous aussi. Nous ne voulons pas être des anges ou des héros, nous sommes des agents de santé. ”

En France comme en Italie, le patronat joue la carte de l’ambiguïté pour ne pas arrêter la production

En France comme en Italie, la presse bourgeoise promeut le consensus national et l’union sacrée. Chacun aura pu constater que les informations distillées par ces médias aux mains de milliardaires et de grandes firmes nationales et internationales sur la situation en Italie ne prennent presque jamais en compte la puissante fronde sociale qui agite la péninsule depuis le début de la crise du coronavirus.

Ainsi, on a pu lire ce week-end des annonces concernant l’arrêt de la production non-essentielle en Italie. Pourtant, il suffit de jeter un œil sur les communiqués de plusieurs syndicats majeurs en Italie pour se rendre compte que la Confindustria (le Medef italien) n’entend absolument pas faire respecter les dispositifs du gouvernement, avec la complicité tacite de ce même gouvernement.

En réaction à ce double jeu, plusieurs syndicats, dont la CGIL, ont mis en garde le gouvernement et incité les travailleurs à se préparer à une grève générale de grande ampleur. De son côté, l’Union syndicale de Base a maintenu son appel à la grève générale du mercredi 25 mars.

Inspirons-nous de la situation italienne. Seul un naïf pourrait penser que notre pays ne connaitra pas la même trajectoire que celle de nos voisins. D’ailleurs, depuis quelques jours, des appels à cesser le travail se multiplient.

Deux exemples : le 17 mars, la Fédération CGT du Bâtiment a « exig[é] l’arret immédiat de l’ensemble des chantiers […] sur l’ensemble du territoire national ». Le 19 mars, la Fédération CGT des Industries chimiques a lancé de son côté un « appel à cesser le travail par tous les moyens, droit de retrait, maladie, grève ».

La question de la confédéralisation de cette stratégie d’arrêt général du travail, de grève générale, pour protéger les travailleurs face au virus et face à la remise en cause de leurs droits se pose et devra être répondue sous peine de laisser passer la plus grande régression sociale que notre pays aura connu depuis le régime fasciste de Pétain.

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