SYRIE, KURDISTAN, IRAN : L’IMPÉRIALISME ÉCRASE LES PEUPLES

SYRIE, KURDISTAN, IRAN : L’IMPÉRIALISME ÉCRASE LES PEUPLES

Ce début d’année 2026 est marqué par une recrudescence des tensions dans un monde déjà ravagé par la guerre. Nous avons notamment évoqué la situation au Venezuela. Dans le même temps, le Proche et Moyen-Orient est de nouveau – alors que le Génocide à Gaza se poursuit – le théâtre de massacres et opérations militaires. C’est le cas notamment en Syrie, au Kurdistan, et en Iran.

En Syrie, les offensives du gouvernement islamiste syrien contre les territoires sous administration autonome kurde se poursuivent, dans l’indifférence générale ou avec la complicité totale des différents impérialismes.

Les forces du régime djihadiste syrien, en coopération avec d’autres groupes obscurantistes tels que les partisans de l’Etat Islamique, ont infiltré en janvier des zones contrôlées par les Kurdes à Alep et au nord-est de la Syrie et ont causé destructions, des déplacements forcés de population et la terreur. Cette évolution brutale de la situation a aggravé encore davantage les souffrances de la population civile, après des années de guerre et de destruction.

Solidarité avec le peuple kurde, de nouveau en danger de mort devant l’avancée des forces de l’Etat islamique, du gouvernement islamiste syrien et de la Turquie !

Ces attaques – accompagnés de massacres ethniques – contre les Kurdes surviennent quelques mois seulement après des opérations de nettoyage ethnique menées par Damas et ses milices djihadistes contre les minorités alaouites et druzes du pays. L’objectif du pouvoir syrien est de consolider l’emprise sur le pays après la prise de pouvoir fin 2024 et l’effondrement de l’Etat syrien après 13 ans de guerre civile et d’interventions/ingérences impérialistes en Syrie.

Soulignons ici que le grand vainqueur de ce massacre à grande échelle, c’est l’impérialisme. Rappelons que la même puissance impérialiste – ici les Etats-Unis et leurs alliés occidentaux – a armé et soutenu simultanément et les Forces démocratiques syriennes (sous commandement kurde) et les forces djihadistes maintenant au pouvoir à Damas. Le retrait de la protection américaine – qui avait été accordée aux Kurdes en échange du contrôle en amont des ressources pétrolières et hydrauliques de la Syrie – change définitivement la donne sur le terrain.

La lutte pour la survie qui s’engage maintenant pour le peuple kurde – et pour toutes les minorités et opposants au nouveau régime – dans le nord de la Syrie est un rappel douloureux de la réalité, à savoir que la coopération, même présenté comme « tactique » avec les États-Unis (tout comme avec d’autres puissances impérialistes)  revient à dépendre de ces mêmes puissances impérialistes et de leurs intérêts contradictoires et en permanente évolution.

Ces événements en Syrie mettent également en évidence l’évolution négative depuis la  prise du pouvoir par la coalition islamiste du HTS. Le renversement violent du gouvernement syrien d’Assad n’a aucunement amélioré les conditions de vie de millions de Syriens et a mis au pouvoir un régime extrêmement réactionnaire et obscurantiste, responsable de massacres contre diverses minorités et de la vente à la découpe de la Syrie à l’État génocidaire Israël et à d’autres puissances impérialistes.

Ces événements surviennent par ailleurs alors qu’une mobilisation inédite agite l’Iran.

L’Iran est ainsi secoué depuis le 28 décembre par des mobilisations qui sont montées en puissance début janvier. Selon les autorités iraniennes, la répression aurait fait plusieurs milliers de morts, dans un contexte de black-out total et une coupure totale des réseaux de communication vers l’extérieur.

Affirmons-le, le gouvernement iranien a exercé une répression sanglante qui met à mal sa capacité à se maintenir dans la durée. Le massacre de manifestants qui exigeaient la réponse aux immenses besoins de la population iranienne, malgré l’instrumentalisation des impérialismes, n’est pas tolérable.

Cette mobilisation de janvier 2026 a prolongé et amplifié les fractures ouvertes dans la société iranienne. La participation des petits commerçants – un secteur clé en Iran – aux premières manifestations, le 28 décembre, a été, pour beaucoup, un signe que le gouvernement iranien faisait face à un risque de renversement inédit depuis 1979.

Bien entendu, cette situation est liée aux précédents mouvements sociaux-politiques de 2009 et 2022 et des bouleversements géopolitiques en cours dans la région, notamment du fait du génocide à Gaza et en Palestine et des agressions militaires impérialistes et sionistes brutales et à répétition, particulièrement en juin 2025.

Mais l’Iran fait en réalité face depuis plusieurs décennies à un régime de sanctions, brutalement aggravé depuis 2018. Cette agression permanente de l’impérialisme contre un Etat – par les sanctions, blocus, étranglement financier organisés qui sont à l’origine de l’asphyxie économique du pays -, aggravée par la corruption, et la gestion néolibérale de l’État bourgeois iranien, a plongé le peuple iranien dans une précarité profonde et durable.

L’étincelle du soulèvement de janvier 2026 a été la chute du rial, la monnaie nationale iranienne, plombée par le rétablissement des sanctions globales de l’ONU en septembre 2025, après l’échec des négociations nucléaires, et qui ont paralysé l’accès aux revenus pétroliers et aux marchés financiers mondiaux. Le rial iranien a ainsi touché un plancher historique de 1,47 million pour un dollar, précipitant 50 % de la population sous le seuil de pauvreté.

Soulignons aussi que l’appel cynique du président américain Donald Trump à un soulèvement en Iran contre le pouvoir et la promesse de l’arrivée imminente d’une « aide » américaine a vraisemblablement galvanisé une partie des contestataires et manifestants, convaincus – comme les journalistes occidentaux – et dans le déni de la réalité de l’impérialisme américain, prédateur et prêt à les sacrifier – comme il a sacrifié les Kurdes – à tout moment. 

Dans ce contexte, les États-Unis et Israël ont l’intention, sous prétexte de soutenir la lutte du peuple, de commettre à nouveau des assassinats et des frappes militaires en Iran. L’arrivée d’une armada navale militaire américaine dans le Golfe persique fait craindre une nouvelle agression militaire directe qui pourrait mettre le feu à la poudrière mondiale.

Soyons également lucides : les différentes puissances impérialisme – engagées à l’échelle mondiale dans une rivalité de plus en plus violente et dans une guerre indirecte inter impérialiste – n’ont jamais eu le moindre problème avec les régimes répressifs et anti ouvriers : par le passé comme dans le présent, l’impérialisme soutient des dictateurs militaires et/ou obscurantistes du moment que ces derniers servent leurs intérêts.

La guerre contre l’Iran que prépare l’impérialisme n’est donc pas une guerre pour la libération des peuples et n’apportera que davantage de misère, de souffrance et d’exploitation ; comme cela a été le cas en Irak en 2003. C’est un pas de plus vers la Troisième guerre mondiale, seule solution des capitalistes pour remédier provisoirement à la crise généralisée du capitalisme.

Iran, Syrie, Venezuela… les peuples sont prisonniers de la poursuite de la grande guerre inter impérialiste qui se déroule sous nos yeux – en particulier depuis le début de la guerre en Ukraine d’abord en 2014 puis en 2022, et sous une forme pour le moment d’opérations militaires limités par le temps et la géographie et de tentatives de déstabilisations de pays souverains.

La conclusion que nous avons rédigée pour notre article sur le Venezuela est ici également à sa place : « Comment agir en solidarité, en tant que travailleur ou travailleuse depuis la France ?

En ce qui concerne la solidarité avec les peuples et les travailleurs du monde, l’internationalisme n’est pas une morale abstraite. Pour nous, syndicalistes de classe, et au-delà des communiqués et rassemblement de soutien, il consiste avant tout à combattre l’impérialisme de notre propre pays, de ses alliés, de ses alliances.

Car c’est concrètement comme cela que nous pouvons aider les peuples. Les sanctions, les pressions extérieures, l’encerclement militaire et les menaces de destruction font délibérément souffrir les peuples – et non les classes dominantes locales et leurs appareils militaro sécuritaires – et préparent de nouvelles guerres et escalades militaires.

La guerre à la guerre, nos effort contre l’économie de guerre et contre la marche globale à la guerre générale passe donc aussi, en France, au cœur de la métropole impérialiste occidentale, par les actions contre les sanctions illégitimes qui privent les peuples du droit à maitriser leurs propres destinées. L’émancipation des peuples ne viendra que des peuples eux-mêmes ! »