#Canicule | Fortes chaleurs, souffrance et morts au travail

#Canicule | Fortes chaleurs, souffrance et morts au travail
Nos vies ou leurs profits ! 

Les premiers bilans chiffrés de la vague de chaleur qui submerge l’Europe centrale et occidentale cet été s’élèvent déjà à plusieurs milliers de morts, dont 6 000 uniquement en France. Ces chiffres sous-estiment vraisemblablement l’ampleur du désastre.

A l’image des tremblements de terre, incendies géants, inondations monstres, peut-on seulement qualifier de « naturelle » cette catastrophe ? La réponse, comme toujours, est négative : si la canicule est bien un phénomène climatique, cette situation intervient dans un contexte donné, c’est à dire qu’elle vient perturber l’organisation du travail et la société de classes. Or, sommes-nous tous égaux face à la canicule et les températures extrêmes ? 

On constate par exemple une augmentation de 40 % du nombre de personnes de plus de 65 ans décédées à leur domicile, exposées non seulement aux fortes chaleurs, mais aussi tributaires des aides sociales et publiques, du fait notamment des faibles pensions de retraites.           

Ce phénomène touche en réalité largement l’ensemble de la population et des travailleurs confrontés aux bas salaires, à la précarité organisée par un patronat vorace et son Etat complice.  Ajoutons que la sobriété énergétique – utilisée comme prétexte et par le patronat et par l’Etat pour ne pas répondre aux besoins urgents des ouvriers et de la population – apparait, dans ce régime capitaliste, comme une sobriété contrainte et forcée au détriment exclusif des travailleurs et travailleuses.

C’est ainsi sur les lieux de travail que la réalité barbare du capitalisme s’est révélé dans toute sa splendeur avec le maintien « quoi qu’il en coûte » du travail et de la production, le moins de pauses possibles, le moins de bouteille d’eau : le minimum patronal permanent face à la souffrance des travailleurs et travailleuses prisonniers d’un système d’exploitation, d’usines et espaces surchauffés, de sites de travail pensés avant tout pour « optimiser » la production et certainement pas pour prendre en compte les besoins, mêmes vitaux de leurs propres salariés.

Or, que fait l’Etat ? A l’image de sa gestion du Covid-19 et après des années de coupes budgétaires qui ont rendu impossible l’amélioration/adaptation des logements et des infrastructures publiques (hôpitaux, écoles, gares, aéroports, transports en commun…), l’Etat accompagne l’impunité patronale, choisit l’inaction tandis que ses ministres millionnaires, bien au frais dans leurs bureaux climatisés, insistent « qu’on ne va pas mettre la France à l’arrêt à partir de 30 degrés », et insultent la classe ouvrière. Soulignons au passage que les appels à « rester chez soi » et autres « conseils fraicheurs » individuels démontrent le refus par l’Etat d’engager une politique collective. Il faut donc contraindre cet Etat des patrons, par le rapport de force.

Ainsi, les syndicats de classe, notamment en France, en Belgique ou encore en Grèce, portent la contradiction, ne se contentent pas des « pauses fraicheurs » autorisés par les multinationales et revendiquent des arrêts de travail, la climatisation, des mesures collectives de protection.  Un exemple parmi d’autres : à Mulhouse, la CGT a appelé à la grève pour revendiquer une réduction des cadences, davantage de pauses et des investissements dans les équipements de protection, dénonçant l’inaction patronale face à des températures atteignant jusqu’à 40 °C dans certains ateliers.

Ajoutons enfin que la canicule et les phénomènes climatiques « extrêmes » prouvent par A+B la nécessité de la rupture avec le système capitaliste et l’avènement du communisme, une organisation socio-économique supérieure de la société, sans exploitation ni profit capitaliste, fondée sur les seuls besoins du peuple.