Grève offensive et unitaire dans les chemins de fer
A l’appel de la CGT, dans une intersyndicale avec FO, Sud, Unsa, une grève a fortement perturbé les liaisons ferroviaires le 10 juin avec 1 TGV sur 3 supprimé et de très fortes perturbations sur les réseaux régionaux, notamment en région parisienne.
En Ile de France, si les lignes SNCF étaient perturbées voire totalement paralysés pour certaines, il fallait noter que le trafic était aussi fortement perturbé sur les lignes 100% privées du T12 et du T13 ! Comme le rappelaient les syndicalistes CGT Cheminots : « C’est un marqueur fort qui prouve que nous sommes tous demandeurs d’une harmonisation par le haut de nos conditions de travail et de rémunération, au sein d’un même statut cheminots de haut niveau ! »
« Pour ceux qui rêvaient que la privatisation du réseau ferré les débarrasserait de la CGT et des grèves : le réveil s’annonce difficile ! »
Les causes de cette grève sont multiples et illustrent la précarité et les bas salaires, la souffrance au travail, le manque de considération, l’absence d’investissements et de recrutements, le détricotage ininterrompu des droits des cheminots, la casse du statut, la privatisation et l’éclatement des différents réseaux.
– Un exemple : les négociations annuelles obligatoires n’ont abouti, en janvier, qu’à une hausse générale de deux fois 0,25 % pour 2026. Des miettes largement insuffisantes – alors que la SNCF engrange bénéfices sur bénéfices (1,8 milliard d’euros en 2025) – pour compenser l’inflation qui étrangle pourtant les ouvriers et ouvrières du rail ainsi que leurs familles.
– Un autre exemple : la création tous azimuts de sociétés filiales locales, dans le cadre de la privatisation des chemins de fer imposés main dans la main par l’Etat avec l’Union européenne, et qui permet à la SNCF (ou autres acteurs) de comprimer les coûts avec notamment une perte des droits des salariés. La CGT et les autres syndicats engagés dans la grève demandent donc des droits similaires pour les cheminots du groupe public unifié (GPU) et pour ceux affectés dans les filiales.
La fédération CGT des cheminots revendique notamment l’ouverture de véritables négociations salariales au niveau du Groupe SNCF et de la branche ferroviaire et l’augmentation générale des salaires ainsi que la revalorisation significative de l’indemnité de résidence et des primes de travail pour tous les collèges (et mesures équivalentes pour les contractuels), et l’octroi d’un véritable 13e mois généralisé à tous les cheminots (statutaires et contractuels).
La CGT exige également un moratoire sur le processus de filialisation et privatisation et l’arrêt immédiat des réorganisations, restructurations compulsives, suppressions de postes, mobilités forcées, etc… Face à la hausse des accidents du travail, la multiplication des arrêts maladie psychologiques, l’augmentation des suicides, la CGT propose aussi une amélioration des conditions de travail et des embauches massives.
Cheminots avec ou sans statuts, contractuels, agents de la SNCF ou salariés d’un groupe privé : il convient enfin de souligner le caractère unitaire, à la base, par les travailleurs et les travailleuses (et au-delà du cadre étroit de l’intersyndicale) de cette grève à la SNCF et qui montre la voie à suivre pour l’ensemble des secteurs du pays.

