LA BOLIVIE EN GUERRE DE CLASSE

LA BOLIVIE EN GUERRE DE CLASSE

Solidarité avec la Centrale Ouvrière de Bolivie !

Depuis le 1er mai 2026, la Bolivie illustre la capacité de résilience et de résistance de la classe ouvrière, des travailleurs et travailleuses et de leurs organisations sociales et syndicales.

Depuis deux mois, la Centrale Ouvrière de Bolivie (COB), affiliée à la Fédération Syndicale Mondiale, mène avec les organisations sociales (ouvriers, paysans, mineurs, organisations indigènes ou encore de quartier) une rébellion sociale contre le pouvoir en place.

La mobilisation, offensive et radicale, s’est ancrée dans le pays par une grève générale illimitée, des manifestations et des barrages routiers qui ont provoqué la paralysie de larges secteurs du pays, avec plus de 100 points de blocages à travers la Bolivie. 

Si le pouvoir bolivien, avec l’instauration de l’état d’exception, le vote d’une loi anti-barrages et l’envoi de militaires et forces sécuritaires, le soutien des gouvernements d’extrême-droite dans la région, a rétabli une circulation des routes, la situation demeure largement volatile et pourrait échapper à son contrôle. 

La COB et les organisations sociales, unies dans la lutte, exigent en effet non seulement l’abrogation immédiate des mesures anti-ouvriers, une augmentation salariale digne de 20%, la garantie de l’offre de carburant mais aussi la démission immédiate du président, la fin de la vente à la découpe des terres et minerais à des multinationales. 

Crise économique, pouvoir néolibéral autoritaire et revanchisme

La Bolivie traverse sa plus grave crise économique depuis les années 1980. Le pays a épuisé ses réserves de dollars pour maintenir les subventions aux carburants, supprimées en décembre, tandis que l’inflation sur un an a atteint 14 % en avril.

Cette situation délétère est aussi amplifiée par le retour aux affaires, depuis 6 mois, d’une droite revanchiste et raciste après un véritable hold-up électoral du fait de l’effritement et de la division interne du Mouvement pour le Socialisme, au pouvoir depuis 20 ans.

Le nouveau gouvernement bolivien, largement illégitime et coupée de la population, entend en effet imposer des réformes structurelles néolibérales et brutales : une réduction drastique des dépenses publiques, une réforme foncière pour accélérer la marchandisation des terres, la facilitation des investissements étrangers et des contrats avec des multinationales étrangères (notamment pour le soja et le lithium), la suppression des subventions aux carburants, la libéralisation des exportations, la suppression de certains impôts sur les grandes fortunes.

Le président avait également promis de ne pas endetter le pays pendant sa campagne : le gouvernement a immédiatement contracté des prêts auprès d’organismes internationaux (CAF, BID) à hauteur de plusieurs milliards de dollars. A cela se sont ajoutés une réduction du déficit public et un réalignement diplomatique avec les Etats-Unis. Sans oublier bien sur le pacte en construction avec le Fonds Monétaire International.

L’Oligarchie et sa répression, policière et militaire, n’arrêtera pas un Peuple qui lutte

Le gouvernement répond à la mobilisation sociale depuis plusieurs semaines par la répression, les gaz lacrymogènes et une propagande mensongère – coordonnée avec Washington – pour jeter le discrédit sur la mobilisation en inventant de toutes pièces un « complot narco-terroriste ».

Par ailleurs, des mandats d’arrêt ont été émis le 18 mai contre le secrétaire général de la COB, premier syndicat du pays et contre 24 dirigeants à la tête des mobilisations. Le parquet a notamment annoncé avoir ordonné l’arrestation du chef du principal syndicat ouvrier du pays, Mario Argollo, l’un des leaders des manifestations, accusé notamment «d’incitation publique à commettre des délits» et de «terrorisme».

Enfin, le Parlement bolivien a approuvé le recours à l’armée afin de lever les barrages routiers ainsi que l’Etat d’urgence. A cela s’ajoute les actions de provocations de groupes paramilitaires d’extrême-droite payé par le patronat et protégé par la police, l’arrestation/kidnapping, en pleine rue le 7 juin , de 5 dirigeants de la Centrale Ouvrière de Bolivie et le spectre de l’état d’urgence, utilisé pour intimider le mouvement social.

Le peuple bolivien, héritier d’une longue tradition de lutte, démontre une fois de plus sa capacité d’organisation et de résistance. Il ne s’agit pas seulement de revendications sectorielles mais d’un profond rejet d’un virage politique qui abandonne les conquêtes des dernières décennies et soumet l’économie nationale à des recettes d’ajustement qui ne profitent qu’à quelques-uns.

L’histoire récente de la Bolivie nous enseigne que lorsque les travailleurs se lèvent, les gouvernements qui ignorent leur voix finissent par céder. Nous exprimons toute notre solidarité avec le peuple bolivien, la Centrale Ouvrière de Bolivie et la mobilisation exemplaire contre le gouvernement criminel de Paz !