Lutte des classes et mortalité infantile en hausse : un gouvernement criminel
Produit en début d’année, discrètement enterré par les autorités mais révélé par la presse cet été, un rapport de l’Inspection générale des Affaires sociales fait état d’une augmentation considérable de la mortalité infantile en France. Classé au 3e rang des pays de l’UE jusqu’en 2000, la France est aujourd’hui 23e sur 27.
Comme toujours, ce phénomène spectaculaire et dramatique s’explique par des raisons matérielles, déjà connues. La fermeture massive des maternités de proximité – depuis 1975, 75% des maternités ont disparu -, et la dégradation (organisée par les autorités) du suivi gratuit et sans conditions des parents et de leurs enfants, avant et après l’accouchement par les centres de Protection maternelle et infantile (PMI).
Partout, les mères, leurs enfants ainsi que les professionnels, souffrent du manque d’effectifs, notamment en gynécologues-obstétriciens à temps plein dans les maternités, mais aussi des sages-femmes.
Partout, les familles et les travailleurs subissent les effets des choix politiques délibérés de ceux qui dirigent le pays et s’efforcent « quoi qu’il en coûte » à maintenir le niveau de vie des plus riches et du patronat. Rappelons au passage que le taux de mortalité infantile est une fois et demie plus élevé chez les ouvrières et les employées que parmi les femmes des catégories sociales plus aisées. L’accès ou non à un accouchement (et un suivi) de qualité est bien une affaire de lutte des classes.
Le gouvernement et leurs larbins se payent de mots lorsqu’ils évoquent la « crise » démographique ou quand ils osent parler de « réarmement démographique ». La réalité et les faits sont têtus : les choix politiques, notamment budgétaires, reflètent les décisions politiques réelles. Et ce sont les femmes et les enfants des quartiers populaires qui sont – toujours – les premières victimes de cette gouvernance qui place le profit avant la vie.
Ces choix idéologiques du « minimum » et « le plus tard possible » ont des conséquences directes et criminelles : qu’il s’agisse des capacités de réponse du système hospitalier à une pandémie (rappelons-nous de la suppression de milliers de lits de réanimation), de la prévention/riposte face aux incendies (on peut mentionner par exemple la déliquescence de la flotte de Canadairs et les 50 000 postes de pompiers non pourvus et pourtant nécessaires selon les syndicats), et de l’accompagnement médical et social pour les naissances.
Nos vies ou leurs profits : dénonçons la caste au pouvoir et ses politiques qui diminuent les moyens pour la santé et aggravent la pauvreté et la précarité des mères ! Organisons-nous pour imposer la réponse réelle aux besoins immenses du peuple et son corollaire : la transformation sociale radicale de toute la société !

