[Édito et brèves] Unité ouvrière contre le patronat et son État !

Unité ouvrière contre le patronat et son Etat !

Retrouvez cet éditorial dans notre Bulletin national des entreprises à télécharger ici.

Face à l’austérité, l’inflation, le mépris patronal et la casse de nos droits, les travailleuses et travailleurs montent au créneau. En cette « rentrée sociale », les appels à la grève et les mobilisations se multiplient.

Des mobilisations nationales mais non confédérales ou confédérées s’enclenchent ainsi avec notamment des grèves prévues le 15 septembre dans les services publics, la santé et l’action sociale, le 29 septembre pour exiger un service public à la hauteur des besoins, le 5 novembre avec l’ensemble des Fédérations CGT de l’industrie pour maintenir et développer l’industrie sur le territoire. D’autres grèves nationales sont également annoncées : les 20 septembre et 30 octobre seront ainsi des journées de grèves et de luttes pour la paix, contre la guerre et le génocide.

Ces dates nationales ouvrent des perspectives politiques, notamment autour de la revendication de l’augmentation des salaires, du 100% Sécu et de la lutte contre le militarisme, la guerre et le génocide en Palestine. Cela démontre aussi que les syndicats CGT et les outils de coordination des organisations CGT, à tous les échelons possibles, peuvent et doivent prendre leurs responsabilités face à l’ampleur des enjeux de la période et sur tous les sujets.

Localement, les grèves éclatent dans différents secteurs : dans les transports en commun par exemple, du réseau T2C à Clermont-Ferrand au groupe Keolis à Ivry et Vitry-sur-Seine. Mais aussi dans le secteur aérien où l’heure est toujours à la lutte avec la reconduction du mouvement chez French Bee début septembre. Dans le commerce et l’agroalimentaire, les salariés se mobilisent aussi, à l’image du mouvement des travailleurs et travailleurs du groupe Marionnaud, la grève à Haribo, la grève massive et historique dans les boucheries Despinasse.

Ainsi, il n’y a pas de  pause sociale. Bien au contraire. Soulignons aussi que le gouvernement, responsable et coupable du fiasco logistique et sanitaire de cet été caniculaire, poursuit sa gestion autoritaire du pouvoir et refuse de rendre des comptes. Le contexte politique pré-électoral est également utilisé par les médias comme éteignoir des luttes et des revendications, déjà renvoyées à l’horizon de la présidentielle. Pourtant, le budget 2027 et la poursuite de la politique austéritaire porte dès maintenant la continuité des attaques contre le monde du travail.

Ainsi, la défense des services publics, la revendication unitaire et ouvrière d’une augmentation générale, conséquente et immédiate des salaires et des pensions et de leur indexation sur les prix est une nécessité pour les travailleurs et les travailleuses. De même, la convergence est naturelle et logique sur la question de la sauvegarde de l’emploi ou de la santé/sécurité au travail.

L’Unité ouvrière, l’action des salariés « tous ensemble et en même temps » pour obtenir des revendications, se matérialise dans la lutte directe et sans intermédiaire institutionnel. En témoignent les grèves citées plus haut, autour de l’augmentation de travail, l’amélioration des conditions de travail et la défense de l’outil de travail. Ces luttes s’organisent ainsi dans différents secteurs de l’économie et en l’absence de tout plan de bataille confédéral ou même de « date de rentrée » de mobilisation nationale interprofessionnelle.

Cette Unité, dans les grèves et par le travail commun et interprofessionnel entre organisations CGT, prouve qu’il existe un chemin possible, malgré ou contre l’avis de la Confédération CGT, d’une fédération des luttes et des revendications. Alors que le champ médiatique va être saturé par les élections présidentielles et législatives, portons la voix singulière de la CGT, notamment avec la défense des intérêts immédiats, le projet de transformation sociale de l’ensemble de la société, l’action directe des travailleurs et travailleuses en dehors de l’agenda patronal et institutionnel !

Fonction publique et pompiers : le 29 septembre, toutes et tous en grève !

Face au refus catégorique du gouvernement de répondre à l’urgence salariale, l’UFSE-CGT et l’intersyndicale de la fonction publique appellent à une journée de grève et de manifestations nationales le 29 septembre. Des organisations CGT, dont la Fédération nationale des Industries chimiques CGT, appellent également à la convergence, à la grève et à la mobilisation !

En première ligne, la CGT des SDIS et l’intersyndicale des sapeurs-pompiers dénoncent un système à bout de souffle où les moyens opérationnels et humains sont volontairement sous-dimensionnés par l’Etat face aux besoins pourtant évidents et largement démontrés lors de la crise caniculaire de cet été.

Dans leurs communiqués, les syndicats de pompiers réclament ainsi la reconstruction de la Sécurité civile ainsi que des engagements clairs inscrits dans les lois de finances: augmentation des salaires (dégel et revalorisation du point d’indice), des recrutements massifs de sapeurs-pompiers professionnels et de personnels administratifs et techniques.

Appel à la grève dans les services publics, la santé et l’action sociale le 15 septembre !

« Nos métiers ont du sens, nos luttes aussi ! » : la Fédération CGT Santé et Action Sociale, avec la Fédération CGT des Services publics, appelle à la grève le mardi 15 septembre 2026 l’ensemble des personnels de la santé, du social et du médico-social.

Dans leurs communiqués et tracts, ces organisations CGT, rejoint par d’autres fédérations CGT, notamment la FNIC CGT ou le CNTPEP CGT, dénoncent des salaires souvent inférieurs au SMIC, la dégradation des conditions de travail, les sous-effectifs, les services saturés, les fermetures de structures et la situation catastrophique des EHPAD. La CGT exige des budgets à la hauteur des besoins et dénonce l’austérité pour tous et toutes tandis que sont maintenus les aides aux entreprises et la hausse du budget militaire.

Alors que le gouvernement entend poursuivre sa politique anti chômeurs, pour le Comité national des Travailleurs privés d’emplois et précaires CGT, la mobilisation du 15 septembre est l’occasion également de faire « entendre notre colère et notre force collective ! Nous voulons vivre, pas survivre. Nous voulons des salaires qui permettent de vivre dignement. Nous voulons des pensions et des allocations à la hauteur de nos besoin besoins ».

Dans les transports en commun, les syndicats CGT fer de lance du combat pour les salaires et l’amélioration des conditions de travail.

D’Ivry à Clermont, les gréves et mobilisation se poursuivent dans le secteur du transport en commun.

A Clermont-Ferrand, le réseau T2C est ainsi de nouveau paralysé par la grève des agents qui, avec la CGT, contestent frontalement les choix budgétaires de la direction et les conséquences du projet « InspiRe », et exigent de réels moyens humains et donc un recrutement à hauteur des besoins.

Dans le Val-de-Marne, à Ivry et Vitry-sur-Seine, le groupe Keolis, nouveau propriétaire de ces dépôts et lignes de bus avec l’ouverture à la concurrence des transports franciliens, s’affirme déjà comme un patron voyou en essayent de casser par la justice un appel à la grève les 10 et 11 septembre.

Les travailleurs de ces dépôts et lignes de bus sont en effet appelés à la grève par la CGT qui dénonce des cadences de travail intolérables et la remise en cause de la sécurité au travail.

« Nous refusons la dégradation méthodique du service public de proximité et la casse de nos droits ! » : selon un décompte syndical, on compterait déjà 89 arrêts de travail et une vingtaine de démissions en un mois. La CGT s’indigne aussi des risques pour la sécurité au travail inhérents à la mise en place par Keolis de logiciels mal dimensionnés ou dans lesquels manqueraient d’importantes fonctionnalités.

A noter que la FNST-CGT appelle les salariés du secteur à organiser une semaine nationale d’actions et de grèves du 16 au 20 novembre 2026 autour de l’augmentation générale des salaires et l’amélioration des conditions de travail.

Marionnaud : les travailleurs ne sont pas à vendre !

Face à l’incertitude provoquée par le rachat de l’enseigne par le groupe Bogart, la Fédération CGT Commerce et Services organise la riposte. Pour protester contre la menace qui pèse sur l’emploi et le réseau de magasins, le syndicat CGT a engagé la grève et notamment appelé à un grand rassemblement le 31 août devant le siège parisien de Marionnaud.

La CGT dénonce notamment la stratégie des repreneurs et le risque de restructurations sauvages. Dans son communiqué « Marionnaud : les travailleurs ne sont pas à vendre ! », la CGT martèle : « Face au rachat de l’enseigne par le groupe Bogart, les salariés exigent des garanties écrites pour préserver leurs emplois et leur avenir ».

Déterminée à poursuivre et amplifier la mobilisation, la CGT refuse la dégradation des conditions de travail et la fermeture de magasins et exige non seulement une augmentation des salaires mais aussi le maintien de tous les emplois

French Bee : face au déni de la direction, la grève est reconduite !

Engagés dans une première phase de grève du 27 au 31 août, les hôtesses et stewards de la compagnie long-courrier French Bee maintiennent la pression. Face au refus de la direction générale d’ouvrir des négociations sérieuses, la CGT et le SNPNC-FO ont ainsi annoncé la reconduction du mouvement de grève du 1er au 6 septembre.

Plutôt que de répondre aux revendications légitimes des salariés, la direction préfère tenter de casser la grève et dépense des millions d’euros en location d’avions supplémentaires avec leurs équipages.

Dans un communiqué intersyndical, la CGT et le SNPNC-FO regrettent « qu’autant d’énergie et de moyens soient consacrés à limiter les conséquences de la grève alors qu’aucune solution n’est recherchée avec les représentants des salariés ». Les syndicats revendiquent notamment la revalorisation générale des salaires, l’amélioration des conditions de travail et des plannings de vol, le respect des organisations syndicales et des personnels navigants.

« Pas de ronds, pas de bombons » : deux mois de grève à Haribo Marseille

Les salariés des sites de production d’Uzès et Marseille du groupe Haribo ont mené en juin, juillet et aout un mouvement de grève déterminé pour l’augmentation des salaires.

Après presque deux mois de grève illimité et massive, avec près de 90% de grévistes parmi les 160-180 salariés du site, le mouvement a été suspendu et les syndicats, au premier rang desquels la CGT, se préparent à une reprise du conflit alors que la direction renvoie toute discussion au 28 septembre et fait pression pour casser le mouvement.

« Pas de ronds, pas de bombons » : fin juin, c’est la provocation de la direction du groupe qui avait proposé 0,9% (environ 18 euros bruts) d’augmentation, dans le cadre des Négociations Annuelles Obligatoires, qui a mis le feu au poudre. Indignés par cette proposition misérable – et de l’explosion des bénéfices de Haribo en 2024-2025, les salariés ont réagi par la grève à l’appel de la CGT pour réclamer une augmentation générale digne (initialement 100 euros bruts mensuels, puis contre-proposition à 2,5 % pour les bas salaires).

« La direction a usé de tous les coups bas pour casser la grève, en remplaçant les grévistes par les équipes de week-end, les intérimaires et les personnels administratifs. Cela n’a pas entamé la détermination des grévistes, bien au contraire ! », a rappelé la Fédération nationale Agroalimentaire et Forestière CGT.

Si Haribo a joué le pourrissement du mouvement et a alimenté des coups de pression de l’encadrement contre les ouvriers, le mouvement de grève a trouvé sa force dans la paralysie de la production, les débrayages quotidiens de deux heures, associées à des piquets de grève et des journées d’action et de fortes mobilisation, notamment avec l’interpro, en particulier des Unions locales CGT de Marseille et du département,

« Les salariés et le syndicat CGT  sont déterminés à faire aboutir leurs revendications pour des augmentations de salaires mais aussi pour le maintien du potentiel industriel, des savoirs-faire et des emplois sur Marseille » a exposé la FNAF CGT : face au déni et au mépris patronal, les travailleurs, avec la CGT, peuvent renverser la table !

Groupe Despinasse : grève historique et massive dans le premier réseau boucheries traditionnelles en France

Le 15 août dernier, à l’initiative du syndicat CGT « Grand Frais Despinasse Diffusion Viande », les salariés du premier réseau de boucheries traditionnelles de France ont mené un mouvement de grève historique et massif. Avec 70 % de grévistes et plusieurs dizaines de boucheries totalement fermées, la mobilisation a impacté près de 300 boucheries du groupe Despinasse (abattage, logistique, boucheries) dans toute la France sur 3 jours.

Dans un communiqué publié le 20 août, la FNAF-CGT a souligné la légitimité des luttes face à l’enrichissement sans fin des actionnaires : « La famille Despinasse, 193ème fortune de France […], n’a qu’une idée en tête : le profit toujours le profit. Avec 116 millions d’euros de dividendes remontés […] en 3 ans, le pognon déborde pour satisfaire les revendications ».

Face aux pressions patronales, la CGT a souligné l’unité et la combativité des salariés, « de l’apprenti au chef de magasin en passant par les bouchers, les vendeurs-vendeuses aux gestionnaires libre-service, tous les métiers, toutes les catégories, ont été du combat ».

Pour la CGT, c’est bien « l’organisation et la rigueur du syndicat Cgt, les visites régulières dans toute la France, auprès des 1 800 salariés, [qui] ont permis une participation massive. » Les salariés des boucheries, avec la CGT, exigent une augmentation générale des salaires, le rattrapage du pouvoir d’achat, l’amélioration des conditions de travail et

« Déterminés à obtenir satisfaction de leurs revendications, en l’absence d’avancées et de réponses satisfaisantes de la direction », les syndicats CGT des filiales du groupe ont prévenu : les actions se poursuivront ; un appel à la grève jusqu’au 31 décembre a été lancé.

Dignité, Solidarité, Humanité : 57 jours de grève au Samusocial de Paris

Depuis le 23 juin 2026, les agents du Samu social de Paris (agents du 115, éducateurs, maraudes, travailleurs sociaux, médecins…) ont mené une grève reconductible d’une durée exceptionnelle contre la politique d’austérité de l’État.

L’annonce de la fin du plan Grand froid, de coupes budgétaires et de la suppression de plus de 1 200 nuitées d’hôtel (hébergement social) a provoqué une immense vague de colère : des centaines de familles, des femmes enceintes et des enfants ont été menacés, fin juin, d’expulsions et de remise à la rue en pleine canicule.

« Alors que la France traverse une crise sociale majeure, le gouvernement fait le choix de sacrifier les plus précaires plutôt que de garantir l’effectivité des droits fondamentaux. Les professionnel·le·s ne peuvent plus se taire. », avait déclaré la fédération CGT de la Santé et de l’Action sociale, expliquant que ces derniers « refus[ai]ent d’appliquer des consignes qui vont à l’encontre même de l’éthique du travail social et de l’accès inconditionnel aux droits. […] »

En grève, les agents du Samu social ont aussi dénoncé les conditions de travail dégradées, un sous-effectif chronique, les risques psychosociaux non traités et des salaires insuffisants face à l’explosion des besoins.

« Les politiques menées ces dernières années remettent profondément en cause les valeurs qui fondent l’engagement des travailleuses et travailleurs sociaux. Nous avons une responsabilité collective : défendre les plus fragiles, les plus démuni·e·s et les personnes en grande précarité face à une société qui organise toujours davantage l’exclusion et l’abandon des services publics. », a encore précisé la fédération CGT de la Santé et de l’Action sociale.

Soutenus par la CGT et des associations, des familles – jusqu’à 400-450 personnes dont 150 mineurs – ont occupé le parvis du siège du Samu social dès mi-juillet. Puis, dans un excès de zèle anti-pauvres qui caractérise la Macronie, la préfecture a ordonné le 13 août l’évacuation du campement, avec des actes de violences policières qui ont été dénoncées par la CGT.

Cependant, cette inhumanité d’Etat n’a pas eu raison du mouvement : un protocole de fin de conflit a été signé le 18 aout, après 57 jours de grèves, d’initiatives, de rassemblements, d’occupations. L’association Utopia a décidé de poursuivre la mobilisation sur le parvis de la mairie du 3e arrondissement.

Car les familles restent toutefois sans solutions pérennes et le sous-financement de l’hébergement d’urgence demeure la norme : surtout, comme le mentionnait la CGT, « cette crise dépasse largement le seul Samu social de Paris. Elle touche aujourd’hui l’ensemble du secteur social et médico-social : hébergement d’urgence, protection de l’enfance, handicap, insertion, accompagnement social, santé, aide à domicile… Partout, les mêmes politiques produisent les mêmes effets : sous-financement chronique, dégradation des conditions de travail, perte de sens et recul des droits des personnes accompagnées. ».

Nos vies ou leurs profits : organisons la riposte générale et imposons une autre voie !