MEGA-FEUX 2026 : INCENDIONS L’ETAT, LE PATRONAT ET LE GOUVERNEMENT

MEGA-FEUX 2026 : INCENDIONS L’ETAT, LE PATRONAT ET LE GOUVERNEMENT

Les « méga-feux » qui ont ravagé des départements entiers, récemment en Gironde – et ont entrainé l’évacuation en urgence de près de 220 000 personnes – mais aussi dans le Var, les Landes, la Drôme… ont, une nouvelle fois, démontré non seulement l’impréparation des autorités face à ces phénomènes mais aussi le sabotage délibéré, par l’Etat et les institutions elles-mêmes, des capacités de réponse face aux crises.

Car, les incendies, et leurs conséquences directes et indirectes à l’instar des fumées toxiques, sont-ils de pures catastrophes dites « naturelles » ? En réalité, l’ampleur du désastre et l’impuissance de l’Etat et des collectivités ne tombent pas du ciel mais possèdent des raisons bien établies : le gouvernement « laisse faire », sabre les « dépenses » consacrées à la sécurité civile et à la prévention des risques, martyrise les pompiers, annule les commandes de Canadairs, brise des outils fonctionnels et vitaux à l’instar de l’ONF ou de Meteo France, prend parti pour les riches dans la guerre de l’eau qui partout commence à se ressentir.

Pourquoi ? Tout simplement parce que le gouvernement et l’Etat font des choix et mènent une politique de classe, au service exclusifs des capitalistes : peu importe les conséquences pour les populations victimes. C’est le résultat logique d’une société capitaliste uniquement guidée par la recherche du profit maximum et immédiat.

La réaction des autorités, prises soit disant « au dépourvu » démontre en effet toute la petitesse de la caste au pouvoir : en faire le moins possible et le plus tard possible, ne pas prévoir ou refuser d’anticiper (à l’image des fermetures de milliers de lits de réanimation à l’hôpital), choisir de d’abord « sauver » les résidences secondaires plutôt que des villes et villages entiers, pointer uniquement du doigt les facteurs « individuels »…

Ainsi, le scandale de l’impréparation (organisée) de l’État éclate : seulement 5 à 7 Canadair opérationnels sur 12, faute de maintenance, l’annulation de crédits en 2024, le retard de renouvellement de la flotte et l’absence de leçons tirées après 2022 et les incendies qui avaient déjà ravagé les Landes et la Gironde.

Le gouvernement nous veut résignés et dociles, « en pause sociale » face à des drames dont il est, avec le patronat, seul responsable. Il faudrait lui « faire confiance », ne pas réclamer des comptes et des coupables institutionnels, se taire sur l’absence de prévention et sur le refus de l’Etat d’entamer par exemple un suivi des populations victimes des incendies et des nuages toxiques.

Dès à présent, nous avons besoin d’une planification globale en matière de prévention, de protection des forêts et de lutte contre les incendies. Cette planification, pourtant élémentaire et vitale, devra être imposée contre et malgré les capitalistes, leurs gouvernements et leurs choix politiques.

Dans l’immédiat, il convient de récuser tout fatalisme : seul le peuple sauve le peuple. Cette crise était prévisible et peut être surmontée, collectivement. Cela passe dès à présent par le choix de la vie sur les profits, et donc l’expropriation sans indemnité des secteurs économiques et de toutes les branches professionnelles, placées sous le contrôle direct et coordonné des travailleurs, afin de répondre aux besoins, « ordinaires » et structurels comme conjoncturels