Hausse du prix du gaz et explosion du coût de la vie :
punir les spéculateurs et répondre aux besoins
L’explosion des prix se poursuit et accélère encore davantage l’immense régression sociale dont est victime la classe ouvrière et l’ensemble des travailleurs et travailleuses.
Prenons nos destins en main : nous aurons ce que nous saurons conquérir, avec nos forces et capacités et sans intermédiaire ou délégation de pouvoirs à des « professionnels de la politique ». Le rapport de force se construit dans et autour des lieux de travail, avec l’ensemble des travailleurs, avec ou sans emploi, avec ou sans statuts. Gardons à l’esprit qu’un million de grévistes peuvent davantage que 12 millions d’électeurs !
Gaz, électricité, pétrole : la précarité énergétique pour tous et toutes ?
Le prix de référence du gaz va augmenter de 5,6 % au 1er septembre, une hausse qui s’ajoute à celle de 7,4 % intervenue le 1er juillet (en parallèle d’un + 2,5 % TTC au 1er août pour le tarif électricité). Ce prix de référence est utilisé par les fournisseurs d’énergie pour facturer six millions de ménages, soit la majorité des foyers abonnés au gaz. Depuis le mois d’avril, il a bondi de près de 24 %.
Six mois après l’agression sioniste et américaine contre l’Iran, le trafic demeure très perturbé dans le détroit d’Ormuz et les exportations de gaz naturel liquéfié (GNL) du Qatar, soit un cinquième de l’offre mondiale, sont à l’arrêt. Rappelons ici que le gaz couvre jusqu’à un tiers de la consommation énergétique de l’Union européenne (UE). Or, les stockages, remplis à 64 % à la fin du mois d’août, n’ont jamais été aussi bas depuis quinze ans à cette période de l’année.
Les spéculateurs – qui n’ont pas attendu la guerre en Ukraine puis la guerre en Iran – sont les seuls bénéficiaires de cette explosion des prix en amont comme en aval (pétrole, chimie, plasturgie, acier, gaz, électricité…), qu’ils entretiennent et qui dépassent le simple périmètre des hydrocarbures. Car ce sont bien les capitalises qui contrôlent toutes les chaînes de production et distribution et peuvent spéculer – de manière impunie et infinie – sur le marché de l’énergie comme ailleurs.
Le gouvernement est le VRP des spéculateurs
Les familles ouvrières se trouvent étranglées par la hausse des prix, la précarité énergétique est devenue la norme. Les miettes d’aides de la part de l’Etat octroyées à quelques catégories de travailleurs par le gouvernement mettent d’ailleurs en relief et l’assistanat permanent accordé aux entreprises et les centaines de milliards d’aides octroyées, chaque année, au patronat sans contreparties ni contrôles.
Et, dans le même temps, le gouvernement poursuit sa politique de déréglementation, construit ses projets de privatisation des industries électriques et gazières, organise la désindustrialisation, fait la chasse aux chômeurs et aux précaires… et casse les conquis sociaux, à l’instar de son attaque contre le tarif agent, une réduction massive sur le prix de l’électricité et du gaz réservée aux salariés et retraités des industries électriques et gazières.
Cette politique – au service exclusif des plus riches et de ceux qui dominent l’économie et donc la politique – a pour seul objectif de garantir un taux de profit acceptable pour les patrons et les actionnaires. Il faut y mettre un terme.
Par exemple, les profits gigantesques engrangés par les grands groupes pétroliers peuvent être confisquées et expropriés pour financer la réponse aux besoins des populations. Au-delà de la confiscation des profits et du blocage des prix, il convient bien, comme le proposait la FNIC CGT et la FNME CGT, en écho à la revendication de la socialisation des raffineries, d’établir la nationalisation sous contrôle des travailleurs des énergies (gaz, pétrole, électricité). L’échelle mobile des salaires, indexée sur l’inflation, est évidemment indispensable.
Surtout, la réponse aux besoins, à des droits humains basiques (se chauffer, se laver, s’habiller), passe par la réorganisation et la transformation sociale et radicale de l’ensemble de la société.
Pour répondre aux besoins, il faut arracher la production et la distribution des griffes du capital, mettre un point d’arrêt à l’assistanat du privé par le public par l’expropriation – avec notamment la socialisation des industries – de toute l’économie et son contrôle collectif placé entre les mains de ceux et celles qui créent les richesses : les travailleurs et les travailleuses. Ajoutons que cette émancipation sera l’œuvre de ces derniers.
Car l’expérience, durement acquise par la classe ouvrière, démontre qu’on ne peut faire confiance aux « professionnels » de la politiques et à leurs promesses lorsque que ces derniers entendent « transformer le système de l’intérieur ». Comptons sur nos propres forces et reprenons le contrôle de nos vies !

