Posté le 19 mars 2020 Par Dans En avant, Luttes Avec 903 Vues

« Nous n’avons rien, pas de masque, pas de gel, rien du tout » : entretien avec le responsable CGT Commerce et services

Alors que la gestion par le gouvernement de la crise du coronavirus entraine de graves conséquences pour les droits, conquis et libertés des travailleurs, nous avons interrogé Amar Lagha, secrétaire général de la fédération CGT Commerce et services sur la situation des travailleurs dans la grande distribution.

Comment vivez-vous la crise du coronavirus dans le secteur du commerce et des services ?

Les salariés eux-mêmes nous expliquent qu’ils veulent être utiles. Mais par contre, ils disent aussi : « on ne veut pas être de la chair à patron ».

En réalité, les salariés de la grande distribution sont eux-aussi en première ligne face à la crise. La première préoccupation du gouvernement serait, selon eux, de permettre le ravitaillement tandis que l’objectif de la grande distribution est de maintenir l’ouverture de leurs magasins. Mais personne, absolument personne, ne pense aux travailleurs.

 On n’avait jamais eu autant de salariés de tous les secteurs, syndiqués ou non, qui nous demandent comment exercer leur droit de retrait. Tous ont un point commun : aucun ne bénéficie de protection. Macron parle de « guerre » et envoie les salariés sans munitions, sans armes, sans protection, sans rien pour « combattre » en première ligne. C’est un scandale.

Ils sont tous hypocrites, parce qu’une caissière, un salarié en rayon, le vigile, s’ils croisent dix, cent, mille personnes, seront eux-aussi infectés. Et la propagation du virus se poursuivra. D’ailleurs, des salariés contaminés, il y en a plein. Nous, on dit que le patronat doit assumer sa part de responsabilité pour protéger les salariés.

L’action de Carrefour a augmenté en flèche depuis 3 jours. Pourtant, on est loin du compte aujourd’hui. Ne serait-ce qu’en Normandie, le groupe Carrefour n’a toujours pas mis des masques et autres protections à disposition de ses salariés. Autre exemple : des salariés de Leclerc nous disent : « Nous n’avons rien, pas de masque, pas de gel, rien du tout. » Dans ces conditions, nous leur disons : « Appliquez votre droit de retrait ».

Est-ce que la question des services publics, de la mise en place d’un secteur public, ou monopole public, de la grande distribution se pose ?

On l’avait dit quand le patronat de la grande distribution s’était engraissé avec le mécanisme du CICE tout en fermant des sites. La question de la nationalisation de ces entreprises se pose. On le redit aujourd’hui, un grand pôle public du commerce et de l’alimentation serait une solution efficiente pour répondre à nos besoins.

De toute manière, les bénéfices dégagés dans la période par les géants du commerce doivent être reversés pour payer les salaires et les indemnités versés aux travailleurs

De manière plus générale, l’épidémie vient nous rappeler qu’on a besoin d’une autre manière de voir la Santé, les services publics, la Sécurité sociale, etc… N’oublions pas que cette crise sociale et sanitaire s’explique aussi parce que les gouvernements ont détruit notre système de santé. Un exemple, le précédent gouvernement PS, dont Macron était ministre, a fermé des milliers de lits.

Chacun doit faire attention dans cette période compliquée. On sait bien que ce gouvernement, ainsi que ceux qui l’ont précédé, a détruit notre Sécurité sociale, nos conquis sociaux. On doit rendre hommage aux travailleurs de la Santé. Sans oublier qu’il y a à peine trois semaines, Macron envoyait ses CRS matraquer les urgentistes, infirmiers, médecins.

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