Posté le 9 décembre 2019 Par Dans Perspectives Avec 619 Vues

Généralisons la grève illimitée jusqu’au retrait de la réforme des retraites

« Depuis trop longtemps vous trompez le peuple. Vous avez opprimé la classe ouvrière en serrant la vis. Maintenant c’est elle qui vous tient, elle serre à son tour et vous poussez de grands cris. », Jack London, Grève générale, 1909

Disons-le franchement, la grève générale du 5 décembre a mis le pays à l’arrêt, et redonné confiance à la classe ouvrière. La puissance de la grève dans tous les secteurs économiques, et l’ampleur des manifestations, tant dans les gros centres urbains que dans l’ensemble du pays, la prolongation dans le temps des grèves, des manifestations, des actions de blocages sont des indicateurs qui témoignent du rejet sans équivoque de la casse de notre système de retraite.

Mobilisation sociale le 10 décembre, et après ?

Dans ce contexte de très forte participation des travailleurs, la CGT appelle à une nouvelle journée d’action et de grève générale ce mardi 10 décembre. Il est également probable que les syndicats impulseront au moins deux journées de mobilisation par semaine.

Tous les travailleurs, privé et public, sont appelés à la mobilisation générale, à se mobiliser et faire grève, les préavis syndicaux couvrant tout le monde.

A bien des égards, la semaine qui vient est importante pour la suite du mouvement. S’il est écrit d’avance que les annonces du gouvernement prévus le 11 décembre ne changeront en rien le projet de réformes de retraites, cela ne doit pas être un frein à la mobilisation, bien au contraire. Si les capitalistes ont leur agenda, nous avons le nôtre également : organiser la paralysie complète et totale du pays jusqu’à l’abandon par le gouvernement de son projet de réformes.

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Il y a lieu de s’interroger sur ce que le terme de « mobilisation » traduira. En tout cas, ce qui est certain, c’est que les journées de grève saute-mouton ou les fameuses « vagues d’assaut » ne mèneront à rien. Ce qu’il faut, c’est une grève générale totale et illimitée.  Il n’y a donc plus de temps à perdre, preuve est faite que c’est bien par le « tous ensemble, en même temps » que nous pourrons faire reculer le gouvernement sur ses projets.

La grève par procuration doit être laissé dans les poubelles de l’Histoire, ce qui se passe en ce moment nous concerne tous. Les travailleurs des secteurs dit structurants (transport, raffinerie, éboueurs, électriciens et gaziers) ne peuvent pas l’emporter seuls.

Pour gagner, la grève générale illimitée jusqu’au retrait du projet

Au fond, les manifestations ne sont là que pour élever un rapport de force qui s’établit d’abord et en premier lieu dans les boîtes et se vérifie au taux de grévistes secteur par secteur. Ce qui est crucial dans la période, c’est de frapper ensemble et de manière simultanée et organisée aux portefeuilles des patrons, marquer les esprits en démontrant la solidarité de classe et la détermination de toutes et tous face aux attaques antisociales. C’est pour cela que la grève a toujours déterminante.

Si la logique prévaut, le gouvernement devrait donc annoncer les détails de son projet de réformes de retraites, ainsi qu’un premier calendrier parlementaire. A moins, qu’ils ne décident de passer en force, une nouvelle fois, par décrets gouvernementaux.

« Amplifier le rapport de force » ne doit donc pas être un mot d’ordre creux et inapplicable. La confédéralisation des luttes, la grève générale interpro est la solution pour élever concrètement le niveau du conflit social. La durée illimitée de la grève permettrait d’ajouter une pression majeure sur le pouvoir, notamment à l’approche de Noël.

Prenons exemple sur les combats victorieux de la classe ouvrière. Si les familles de cheminots se souviennent du difficile Noël de 1995, chacun se souvient également de la victoire du mouvement social face à un pouvoir qui avait pourtant promis de « rester droit dans ses bottes ».

Face à un gouvernement qui ne recule que lorsqu’il en est contraint, nous n’avons pas d’autre choix que de poursuivre et amplifier « réellement » le rapport de force entre le capital et le travail. Rappelons-leur que sans nous, rien ne tourne. Et imposons-leur notre volonté et nos choix de société.

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