Posté le 20 novembre 2019 Par Dans Luttes Avec 1582 Vues

A l’approche de l’hiver, 71% des Français n’ont plus les moyens de se chauffer

71% des Français se privent de chauffage en raison des tarifs élevés de l’électricité. Près de 12 millions de personnes se trouvent également en situation de précarité énergétique en France. La CGT propose la création d’un monopole public de l’énergie pour garantir le droit de chacun à l’énergie

Publiée le mardi 12 novembre, une enquête Odoxa révèle que 71% des Français se résignent à mettre en route le chauffage le plus tard possible pendant l’hiver. La raison ? Le prix trop élevé de l’électricité, couplé à un pouvoir d’achat dérisoire des ménages. Pour rappel, le chauffage occupe 62% de la consommation électrique des Français selon EDF.

L’étude confirme que ce sont les plus précaires qui souffrent du prix élevé de l’électricité. Selon Odoxa, 76% des retraités et 79% des foyers gagnant entre 1500 et 2500 euros mensuels sont contraints pour des raisons financières à ne pas se chauffer ou à limiter drastiquement leurs consommations d’énergie.

Toujours selon l’enquête Odoxa, 91% des Français n’acceptent pas les hausses du prix de l’électricité. 74% affirment que l’ouverture à la concurrence du marché de l’électricité ne fera en aucun cas baisser les prix.

L’hiver arrive, les prix de l’électricité flambent

Une augmentation de 6% des prix du tarif réglementé de l’électricité d’EDF a été appliquée en juin 2019 avant une nouvelle hausse de 1,23% au 1er aout. Par ailleurs, une hausse de 3,2% pour l’usage du gaz comme énergie de chauffage est entré en vigueur à partir du 1er novembre. Enfin, plusieurs médias dont Le Parisien, ont évoqué une nouvelle hausse des tarifs réglementées de l’ordre de 3 à 4% à partir de janvier 2020.

En France, l’Observatoire national de la précarité énergétique (ONPE) dénombrait 12 millions de personnes en situation de précarité énergétique en 2016. Toujours selon l’ONPE, les impayés dans le domaine des factures énergétiques ont augmenté de 18 % pour l’électricité et 10 % pour le gaz au premier semestre 2019.

Pour rappel, en novembre 2018, la Fédération CGT Mines-Energie (FMNE) et INDECOSA-CGT, dénonçait dans un communiqué commun cette précarité énergétique inacceptable. « Entre ceux qui ne peuvent pas payer leur facture, ceux qui se privent d’énergie, on comptabilise plus de 12 millions de personnes en précarité énergétique, c’est un chiffre qui ne faiblit pas tant les dépenses incompressibles d’énergie dans le budget des ménages occupent une part de plus en plus importante. », avaient-ils déclaré, ajoutant qu’en novembre 2018, « la facture énergétique moyenne d’un ménage [était] de 3 200 € (logement : 1 800 € + transport : 1400€). »

Un monopole public de l’énergie pour mettre un terme à la précarité énergétique de millions de Français

Si l’Etat fait jouer la concurrence et poursuit le démantèlement d’EDF via le projet Hercule, la CGT met en avant la nécessité d’une « politique énergétique garantissant à toutes et tous un droit pour l’accès aux besoins fondamentaux », articulée autour de la revendication d’un monopole public de l’énergie en France.

« L’énergie est un produit de première nécessité, des tarifs doivent être adaptés aux moyens des usagers, un accès minimum doit être garanti et financé par la solidarité. L’accès à l’énergie doit être garanti sur l’ensemble du territoire pour répondre aux besoins des populations (individuels et collectifs) et de la production (industries et services). » peut-t-on ainsi lire dans les repères revendicatifs du syndicat.

« La CGT propose de donner aux citoyens et aux salariés la maîtrise de ce secteur en créant un pôle public de l’énergie qui vise à exclure tout coût du capital dans ce champ. », ajoute la CGT, promouvant ainsi un choix de société où le droit fondamental à l’énergie est non seulement respecté mais également garanti.

Lire aussi : Nouvelle grève massive le 17 octobre contre la privatisation et le démantèlement d’EDF

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