Posté le 21 janvier 2020 Par Dans En avant, Luttes Avec 571 Vues

Action CGT au siège de la CFDT : entretien avec le responsable de la CGT Energie Paris

Une action éclair a eu lieu le 20 janvier au siège de la CFDT pour la seconde fois en l’espace d’une semaine. Dans un communiqué, les syndicats CGT énergie d’Ile de France ont revendiqué la coupure d’électricité.

« Ce matin, lundi 20 janvier 2020, le siège confédéral de la CFDT a perdu l’électricité et c’est la collaboration de classe qui a été plongée dans l’obscurité », affirment-t-ils, rappelant : « Berger négocie les couleurs et les formes de nos futures chaines et celles de nos enfants, sans jamais avoir participé à la grève reconductible contre la retraite à points ».

L’action a ainsi été revendiquée dans l’après-midi par une dizaine de syndicats CGT Énergie d’Île-de-France (Paris, 91, 93, 94, 95, 77, 78, Ouest IDF et Bagneux), a par ailleurs précisé à l’AFP Cathy Fléchard de la CGT Énergie Paris.

Entretien avec Cedric Liechti, secrétaire général de la CGT Energie Paris

Nous avons pu joindre au téléphone le secrétaire général de la CGT Energie Paris. Nous lui avons notamment posé plusieurs questions sur l’action menée ce matin au siège de la CFDT, ainsi que sur la mobilisation en cours chez les travailleurs de l’Energie.

Quel est le sens de votre action ? Pourquoi avoir visé la CFDT ? Pourquoi avoir revendiqué l’action ?

« Tout simplement parce qu’on considère que la CFDT ne joue absolument pas le rôle d’un syndicat qui représente et qui défend les intérêts de ses adhérents ou du mouvement social. La CFDT joue depuis de nombreuses années le rôle de simple courroie de transmission du patronat et œuvre en conscience contre l’intérêt des travailleurs. A partir de ce constat, le [siège de la CFDT] est identifié comme le serait un bâtiment d’Etat, une banque, des bâtiments du MEDEF ou de représentants patronaux, comme une organisation ennemie aux intérêts de notre classe sociale.

L’objectif était de mettre en lumière la collaboration de classe qu’exerce la CFDT depuis de nombreuses années et en particulier dans le mouvement social actuel, y compris par rapport aux jeux de dupes sur l’âge pivot et la mise en scène prévue avec Macron, pour d’une part les remettre en selle, et d’autre part essayer de faire passer la pilule de l’âge pivot et cette pseudo-contradiction entre la direction de la CFDT et le gouvernement.

D’autant plus que la centrale de Laurent Berger ne s’est absolument pas inscrite dans la grève reconductible, a appelé pour la forme à une journée d’action par rapport à l’âge pivot et que de fait elle valide complétement la contre reforme par points et l’éclatement du système social. Notre action de coupure, revendiquée, est tout à fait logique par rapport au rôle que joue Laurent Berger et la direction de la CFDT.

Cette réforme est appelée de ses vœux par la CFDT. Ils se sont positionnés clairement pour la destruction du régime par répartition, à la fois les régimes dits « spéciaux » et le régime général, et pour l’alignement sur la retraite par capitalisation pour livrer aux intérêts capitaliste et privés tout un secteur de la protection sociale issue du Conseil National de la Résistance et qui échappait à la spéculation et au privé tout en ayant largement fait ses preuves en terme social depuis plus de 70 ans.

C’est pour ça que le siège de la CFDT a été visé et qu’on a évidemment décidé de le revendiquer en tant que syndicat CGT et y compris, ne nous en cachons pas, par rapport à la sortie de Martinez d’il y a quelques jours suite à l’action de la coordination RATP SNCF où Martinez s’est désolidarisé de cette action et a apporté son soutien à Laurent Berger. Ça nous a paru totalement incroyable que notre syndicat apporte son soutien à une des principales courroies de transmission du capital et du patronat.

C’était donc aussi pour affirmer que nous, les bases CGT, on a aucun problème [avec cette action] et que nos positions sont extrêmement claires sur le rôle que joue la CFDT qui n’est surement pas un partenaire de la CGT. »

La CGT énergie est très mobilisée contre la réforme des retraites, allez-vous poursuivre vos actions et mobilisations ?

« On est tout à fait mobilisé. Par l’intermédiaire de notre fédération, on s’est inscrit dans la grève reconductible dès le 5 décembre. On a exercé depuis le début du mouvement des actions régulières et continues dans le cadre de la grève reconductible.

Pour être précis, et parce qu’il faut être honnête, s’il y a eu des moments forts de mobilisation des électriciens et gaziers depuis le 5 décembre, la grève reconductible est encore minoritaire au sein de l’Energie. Elle est présente et active, s’organise très régulièrement de manière très visible. Pour l’instant, notre seule limite c’est l’élargissement à une plus large proportion de nos collègues.

Les actions vont se poursuivre parce qu’aujourd’hui, à l’instar de la population, on a une large majorité des électriciens et gaziers qui est tout à fait consciente de la dangerosité de la réforme des retraites et qui est hostile à ce projet. On a une assise au niveau de personnel qui est très importante contre ce projet, y compris dans des catégories du personnel qu’on n’arrivait pas à forcement toucher avant. On a des grévistes dans les collèges exécution, les techniciens, les réseaux, mais aussi chez les cadres qui se sont mobilisés régulièrement dans le mouvement et qui se positionnent contre la contre-réforme par points. C’est extrêmement important et c’est très positif pour les semaines et les mois à venir.

Donc oui, il y a eu l’action au siège de la CFDT, il y aura des actions tout au long de la semaine jusqu’à vendredi dans différents lieux et avec différents modes d’actions. On va de toute façon continuer la lutte parce qu’on considère que c’est un modèle de société qu’ils sont entrain de briser et que de toute façon, pour nous, nos mômes et les générations futures, notre seul devoir c’est de lutter, lutter, lutter. »

Lire aussi : Energie : la CGT mobilise les salariés et innove dans ses méthodes de luttes

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