Grève internationale contre le génocide à Gaza, la guerre et la militarisation
Le 30 octobre prochain, les ouvriers portuaires et dockers, sur plus de cent ports à travers l’Europe, l’Asie, l’Afrique et les Amériques, ont prévu de paralyser les infrastructures portuaires, par une grève mondiale et coordonnée, afin de faire passer un message porteur d’espoir: «Le pouvoir appartient aux travailleurs» !
Il s’agit d’une initiative internationaliste majeure qui reprend le relais de la précédente Journée d’action internationale du 6 février, lors de laquelle les dockers avaient manifesté en proclamant: «Nous ne travaillons pas pour la guerre! Des ports pour le peuple et pour la paix – pas des bases pour les impérialistes.»
Ce que cette mobilisation démontre
On l’a vu, on le voit et on le verra, ces actions concrètes des travailleurs démontrent que les travailleurs disposent du réel pouvoir, celui d’arrêter les machines et d’empêcher toute production ou transport de marchandises de mort sans lesquels Israël ne pourrait commettre son génocide.
La machine de mort israélienne peut être enrayée. Par la grève et le refus de se rendre complice du Génocide. Par la Combativité et la Dignité. En France, la réalité du soutien inconditionnel de l’Etat français à Israël est révélée par les faits. Macron et son ministre des affaires étrangères ont menti : notre pays participe au génocide en cours à Gaza. Les syndicats de dockers de France, de Grèce, du Pays basque, de Turquie, du Maroc et d’Italie appellent à une nouvelle journée internationale d’action « contre la guerre et la militarisation » le 30 octobre. Ils réclament la fin du « génocide du peuple palestinien » et des « guerres d’agression américano-israéliennes au Moyen-Orient et contre l’Iran ».
« Non à l’économie de guerre, aux plans de réarmement des gouvernements et au projet de militarisation des ports et des infrastructures stratégiques de l’UE », affirment concomitamment ces syndicats dans leur communiqué. « Les ressources publiques doivent servir à répondre aux besoins sociaux de la population, et non à financer la guerre. » Parmi les signataires figurent la fédération CGT des Ports et Docks en France, l’ENEDEP, affiliée au PAME en Grèce, la LAB au Pays basque, la LIMAN-IS en Turquie, l’ODT au Maroc, ainsi que l’USB en Italie. Mais aussi au Mexique ou encore en Inde.
« Chaque syndicat décidera de la forme de mobilisation la plus appropriée en fonction de son contexte national, en commençant par des actions de grève et par un engagement commun à empêcher le chargement de la mort et de la destruction », peut-on lire dans un communiqué conjoint des syndicats.
Ensemble, ces organisations syndicales représentent les travailleurs de dizaines de ports d’Europe et de la Méditerranée, selon un communiqué. Leur appel à une intensification de l’action est issu d’une réunion des syndicats de dockers qui s’est tenue à Istanbul en mai. L’annonce exprime également « une solidarité totale avec les peuples de Cuba, du Venezuela et du Soudan », et déclare que « les ports ne doivent pas être utilisés pour le transport d’armes, de munitions, d’équipements militaires ou de troupes à destination de zones de guerre ».
Depuis, c’est au total plus de 100 ports à travers le monde sont concernés par cet appel international à la grève !
Une grève mondiale qui s’inscrit dans un processus international
Cette mobilisation cible les livraisons d’armes, dénonce « l’effort de guerre », le militarisme et le réarmement et s’oppose fermement aux conséquences de l’économie de guerre sur les droits et la protection sociale des travailleurs et travailleuses. Cette journée d’action est ainsi lancée afin de « garantir que les ports européens et méditerranéens soient des havres de paix, exempts de toute implication dans la guerre » impérialiste, en particulier le Génocide à Gaza et en Palestine.
Depuis octobre 2023, les syndicalistes palestiniens ont appelé à plusieurs reprises les membres des syndicats du monde entier à se mettre en grève et à refuser de manutentionner les cargaisons d’armes à destination d’Israël, afin de dénoncer la guerre génocidaire à Gaza et le soutien occidental au régome de Tel Aviv. Le 5 avril 2025, la Fédération générale des syndicats de Gaza a appelé les syndicalistes à « exercer une réelle pression pour mettre fin à cette sale guerre ». Les dockers ont joué un rôle de premier plan en répondant à cet appel.
De la Belgique à la Suède en passant par l’Italie, les ouvriers des ports et docks ont refusé de manutentionner des composants d’armes à destination de Gaza et, le 6 février 2026, ils ont paralysé 21 ports à travers la Méditerranée, dont Bilbao et Tanger, pour protester contre l’utilisation d’infrastructures portuaires civiles à des fins militaires et contre l’intégration de leurs emplois dans une économie de guerre.
Ce nouvel appel à une journée internationale d’action, notamment par la grève, fait également suite aux différentes mobilisations et notamment aux trois grèves générales organisées en Italie à l’automne 2025 contre le génocide à Gaza et en Palestine et en solidarité avec les Palestiniens.
Outre leurs revendications contre la guerre, les travailleurs insistent sur le fait que « les conventions collectives doivent garantir des augmentations salariales réelles, la sécurité de l’emploi, la réduction du temps de travail et des dispositions équitables en matière de retraite ». Et ils ne veulent pas que la mécanisation ou l’intelligence artificielle « suppriment des emplois ou portent atteinte aux droits des travailleurs ».
Soyons solidaires de nos camarades dockers, engageons nous tous, à l’image de la fédération CGT des Industries chimiques CGT, dans toutes les professions, notamment celles qui ont un lien, du fait de la production (industries chimiques, métallurgiques…) ou du transfert/transport (infrastructures portuaires, aéroportuaires, logistiques, ferroviaire…), possible avec l’armement, en particulier en direction d’Israël.
Cette solidarité est la plus importante car elle démontre la possibilité pour les travailleurs de coordonner, avec leurs syndicats CGT, leurs efforts pour enrayer et étrangler, à notre portée et à notre échelle, les capacités militaires de l’Etat génocidaire d’Israël.
Ces actions démontrent également que nous, les travailleurs et les travailleuses, avons la capacité, lorsque nous sommes organisés, d’arrêter les machines, dont celle de l’industrie militaire. Cela doit nous conforter dans l’idée que la classe ouvrière, par la grève et la paralysie des chaines et flux logistiques, peut renverser la table et imposer la réponse aux besoins, dont la fin de l’économie de guerre.
Notons également que différentes organisations CGT, dont la FNIC CGT, appelle aussi à une journée de grèves et de mobilisations le 21 septembre, journée mondiale pour la Paix !
Génocide à Gaza et Impérialisme : la Palestine, boussole de l’internationalisme ouvrier
Comme nous l’écrivions en février dernier, « il faut comprendre ici que cette [nouvelle] journée de grève des Ouvriers Portuaires et Dockers est une élévation du rapport de force. En effet, de nombreux travailleurs qui ont déjà participé à des initiatives de blocage des livraisons d’armes, se joindront à des mobilisations coordonnées. Un véritable pas en avant.
Depuis le début de l’offensive israélienne et du Génocide à Gaza, les mobilisations des dockers et portuaires sont montés en puissance, en écho à l’amplification des initiatives contre les guerres impérialistes. En France, les syndicats CGT des Ouvriers et Portuaires s’est notamment illustré par des actions déterminées pour empêcher les transferts d’armes ou de munitions à destination d’Israël. Des actions similaires se sont en réalité multipliées à travers l’espace méditerranéen. Bien plus, ces derniers mois ont vu la mise en place d’une coordination, large et ancrée dans les lieux de travail, de syndicats d’ouvriers portuaires et dockers à travers la mer Méditerranée.
Les ouvriers affirment, dans l’action, leur opposition irréductible à toute complicité avec le génocide à Gaza. Après plusieurs coups de semonces et la mise en place d’une véritable coordination des syndicats des infrastructures portuaires de plusieurs pays méditerranée, cette grève générale des ouvriers dockers et portuaires est une étape majeure pour le syndicalisme de classe et de masse.
Chacun pourra noter que ce sont des syndicats (l’Union Syndicale de Base (USB), ou encore le Front de tous les travailleurs de Grèce (PAME) la fédération syndicale du transport de Turquie Nakliya IS, le LAB basque (Langile Abertzaleen Batzordeak, en français : Commissions ouvrières patriotes), le syndicat marocain ODT (Organisation démocratique du Travail))… affiliés à la Fédération Syndicale Mondiale – mais pas seulement ! – qui, dans l’unité d’action et avec détermination, ont impulsé cet appel qui permet :
- De remettre la lutte contre le Génocide en Palestine sous les projecteurs médiatiques
- Envoie un signal très clair au patronat : « nos ports ne seront pas utilisés comme rouages dans le génocide et la guerre »
- Accélère la prise de conscience par le plus grand nombre du risque imminent de généralisation des guerres – dans un contexte international particulièrement inflammable – et de la capacité des travailleurs – parce que ces derniers sont au cœur de la production capitaliste – à bloquer la machine de mort israélienne, gripper et paralyser les plans de guerre de nos gouvernants.
Les syndicats mobilisés sont unis par une même détermination, celle de tout faire pour enrayer la marche vers la guerre générale et le Génocide à Gaza.
Car le Génocide continue à Gaza. Aux centaines de milliers de morts, aux bombardements et opérations au sol qui se poursuivent et à la famine chronique et organisée de A à Z par Israël, s’ajoute l’absence criante de perspectives politiques pour l’enclave palestinienne, alors que s’accélère encore et encore la colonisation et l’annexion de la Cisjordanie par le régime terroriste de Tel Aviv.
La Solidarité ouvrière et internationaliste qui s’est exprimée au cours des deux ans et demi passé, notamment avec et grace à la Fédération Syndicale Mondiale – en opposition avec la complicité de la CES et de la CSI avec le Génocide – a permis l’éclosion d’un véritable mouvement global pour la Palestine, une Intifada des consciences qui – comme on l’a vu en Italie – peut entrainer une vague de contestation sociale et politique inédite.
Il est temps également pour nos organisations syndicales de dénoncer et rompre définitivement avec la Histadrout, « syndicat » israélien influent notamment dans la CSI et complice du génocide à Gaza et de l’occupation coloniale en Palestine.
Malgré tous les efforts de nos gouvernants, le cœur des Peuples et des Travailleurs et Travailleuses sont demeurés résolument et implacablement du côté de la Justice et de la Paix, donc aux côté de la cause du Peuple de Palestine et en soutien à la cité martyre de Gaza, face au génocide monstrueux, barbare et terroriste en cours.

