LE MOUVEMENT EST LÀ. À NOUS DE LE FAIRE GAGNER !
Tribune de syndicalistes CGT, ouverte à signatures.
Pour signer la tribune, c’est ici : https://framaforms.org/tribune-unitecgt-1792601726
Après le 17 octobre, une question se pose à toute la CGT : allons-nous laisser les lycéens et le peuple se battre seuls ou allons-nous rentrer pour de bon dans la bataille et prendre nos responsabilités ?
La jeunesse se mobilise. La répression, inédite depuis 1968 contre les lycéens et étudiants, cherche à l’isoler et à intimider ceux qui voudraient la rejoindre. Le pouvoir voudrait diviser les manifestants, opposer les uns aux autres, réduire une colère sociale légitime à des questions d’ordre public. Nous savons où conduit cette politique : à l’isolement des luttes et à l’affaiblissement de ceux qui les mènent.
Notre responsabilité n’est pas de commenter le mouvement, mais de contribuer à son organisation et à sa victoire.
La CGT possède pour cela des forces considérables : ses syndicats de base, ses militants dans les entreprises, ses unions locales et départementales, ses bourses du travail. Encore faut-il les mettre pleinement au service de la mobilisation.
Le 5 novembre doit être une étape majeure qui acte la fédération effective des colères et la convergence réelle, par la grève générale et reconductible.
Mais une date ne fait pas un rapport de force. Celui-ci se construit dès maintenant, dans les entreprises, dans les établissements scolaires, dans les quartiers, par le débat, l’action et la convergence des revendications.
Alors appelons sans ambiguïté à toutes les manifestations, tous les rassemblements et différents actes. Soutenons les lycéens face à la répression. Organisons les salariés. Faisons vivre la solidarité dans les actes.
Et surtout, ouvrons grand nos Bourses du travail. Que ces dernières deviennent des lieux de rencontre et d’organisation pour toutes celles et ceux qui refusent de subir. Construisons des assemblées populaires, faisons émerger des cahiers de revendications locaux, permettons aux travailleurs, aux jeunes et aux citoyens de débattre et de décider ensemble des suites à donner au mouvement.
Il ne s’agit pas pour la CGT de se substituer au mouvement social dont il est de toute manière consubstantiel. Il s’agit de lui apporter ce dont il a besoin pour gagner : une organisation, des revendications communes, une stratégie et la force du nombre. Et surtout, la capacité de paralyser, par la grève – la grève générale et offensive, reconductible et illimitée, nationale et interprofessionnelle -, l’économie, les flux, le pays tout entier.
De même, il s’agit bien de faire échec au pouvoir, à ses manœuvres, méthodes et lois sécuritaires qui visent à interdire toute contestation ((interdiction des rassemblements, couvre feux, possible Etat d’urgence etc) et d’arrêter cette fuite en avant dictatoriale.
Notre histoire nous l’enseigne : les conquêtes ne viennent ni de l’attente ni des bonnes intentions. Elles résultent du rapport de force que les travailleurs organisés sont capables d’imposer.
Une CGT qui attend que le mouvement entre dans son calendrier prend le risque de le voir s’épuiser. Une CGT qui ouvre ses portes, organise les solidarités et construit l’unité lui donne les moyens de grandir, et permet à tous et toutes, chacun et chacune d’entre nous, de se donner la capacité de gagner.
C’est maintenant que nous devons agir. Non pour ajouter une journée à un calendrier, mais pour construire une mobilisation en profondeur, capable de gagner sur les salaires, le prix de l’essence, le blocage des prix, nos services publics.
Le moment est venu. Le mouvement est là. À nous, syndicalistes CGT, de contribuer à l’organiser pour lui faire prendre conscience de sa force et aller tous ensemble à la gagne !

