Ceux qui vivent sont ceux qui luttent : nouvelle grève nationale à Kem One

Ceux qui vivent sont ceux qui luttent : nouvelle grève nationale à Kem One

Deux mois après une première grève massive et impactante sur l’ensemble des sites du groupe Kem One, une nouvelle grève nationale a mis à l’arrêt l’industriel de la chimie le 25 juin, avec un appel national à rassemblement à Lyon où plusieurs centaines de manifestants ont démontré, malgré la canicule, l’ampleur de la colère des ouvriers et ouvrières de Kem One.

La CGT est à l’offensive après la découverte d’une bataille entre différents fonds spéculatifs pour mettre en pièces le groupe et continuer le pillage méthodique de l’entreprise.

Voracité capitaliste

Le fonds vautour Apollo, propriétaire du groupe, a en effet annoncé la mise en vente de KemOne, et est responsable d’une dette colossale de 700 millions d’euros. Ce qui fait peser une menace directe sur l’outil industriel et la sécurité des installations.

Comme le rappelle la CGT, Apollo ne crée aucune valeur dans l’entreprise voir même il est juste bon à la piller de chaque euro disponible. […] depuis la prise en main de Kem One par Apollo, ce dernier n’a pris aucune décision d’investir massivement dans les usines pour fiabiliser les installations afin de travailler en sécurité et améliorer les conditions de travail. ».

Pour la CGT, le « seul et unique intérêt [d’Apollo] est de faire remonter du cash sous toutes ses formes, consultants bidons, intérêts de la dette etc. » Et ce, alors que « depuis des années, on nous demande toujours plus avec des moyens toujours plus faibles, des outils vieillissants, des dettes qui explosent et des décisions guidées par la finance plutôt que par l’industrie et l’emploi. »

Le patronat et l’Etat main dans la main

Au bout du compte, ce sont les travailleurs et les travailleuses qui subissent les conséquences de la voracité patronale avec les suppressions d’emploi, la non-anticipation des départs, le doublage de postes à répétition pour les postés, le recours à des prestataires extérieurs et la perte de compétence. Sur les sites de Saint-Fons, Fos, Lavera, Balan, Saint Auban.. ce sont des dizaines de postes qui sont non pourvus ; Apollo se gave ainsi sur chaque centime « économisé » c’est-à-dire sur les ouvriers du groupe, en surcharge de travail et confrontés à des risques de santé et de sécurité. Pour la CGT, il faut une véritable vision d’avenir avec la création de filière de formation.

Perfusé aux aides d’Etat, Kem One organise la destruction de l’outil industriel, une aberration logique en régime capitaliste et la recherche hystérique du profit le plus rapide, avec la complicité de l’Etat dont le rôle est une fois de plus mis à nu par son refus, à minima, d’intervenir et de faire pression sur les actionnaires pour maintenir l’emploi.

Les pouvoirs publics ne peuvent prétendre ignorer la casse industrielle et la situation des différents groupes. Pour mémoire, la CGT Kem One et la FNIC CGT avaient déjà, au cours de leurs différentes interventions sur le sujet et dans une lettre ouverte adressée à Emmanuel Macron, alerté sur la volonté du fonds d’investissement Apollo de se « désengager après avoir profondément dégradé la situation financière de l’entreprise. »

Pour les syndicalistes CGT, aucune illusion : « nous devons compter sur nous-mêmes pour défendre notre avenir, nos emplois et la pérennité de nos sites. » La CGT Kem One a clairement exprimé ce qu’elle veut pour demain : des investissements massifs dans l’outil de production, la sécurité, la maintenance et l’emploi, et ce qu’elle ne veut plus : la casse sociale et le mépris des travailleurs.

Combativité et unité ouvrière

Le cas du groupe Kem One est bien entendu loin d’être isolé. L’industrie et l’emploi, notamment dans les industries métallurgiques et chimiques, subit un véritable saccage. Ces sites industriels et usines et ces vies d’ouvriers, d’ouvrières – sans oublier leurs familles – sont sacrifiés par les capitalistes pour garantir du profit immédiat aux actionnaires. Cette spéculation capitaliste qui se nourrit de l’exploitation est sans limite, complice avec l’Etat, et ignore les frontières.

C’est ce qu’exprimer la CGT Kem One dans ses tracts aux salariés : « De la chimie à la métallurgie, le patronat organise la casse industrielle pendant que l’État arrose les grandes entreprises. À KEM ONE comme ailleurs, nous refusons de payer leur crise, leurs montages financiers, leurs dettes et leur prédation. L’usine n’appartient pas aux spéculateurs. Elle appartient à celles et ceux qui la font vivre. »

« Assez de cette logique mortifère. L’industrie doit servir les besoins de la population, pas les profits d’une minorité. Partout, des sites sont saccagés : Vencorex, Michelin, Domo, Lubrizol… Nous, travailleurs de KEM ONE, ne devons pas attendre d’être les prochains. Quand le capital détruit ailleurs, il prépare l’attaque chez nous » », ajoute en la CGT Kem One

Face aux fermetures de sites et aux suppressions d’emplois, l’unité, dans l’action et par la grève, de tous les travailleurs et de toutes les travailleuses est indispensable pour coaguler les luttes, entraîner la convergence et obtenir la victoire !

L’initiative du 25 juin à Lyon illustre cette force : les salariés et syndicalistes CGT de KemOne, en lutte et en grève, ont été rejoints et appuyés par des syndicats CGT de différents sites industriels (de la chimie et d’autres secteurs), de la région, par des Unions locales CGT à l’image de celles de Vénissieux/Saint Fos ou Oullins Pierre-Bénite, mais aussi d’ailleurs, avec par exemple une grande délégation de syndicalistes CGT des industries chimiques (KemOne, Naphtachimie, Total…) avec leur Union locale CGT de Martigues.

Le combat continue pour empêcher le patronat de dérouler son plan de destruction sociale, pour imposer la fin de la casse des outils de travail et gagner l’augmentation des salaires, pour obtenir l’amélioration des conditions de travail et chasser, par l’expropriation sans conditions, du fonds vautour Apollo ! Vive l’unité de la classe ouvrière en lutte !